Modélisation prédictive pour le changement d'échelle de cultures de microalgues du laboratoire au pilote
| Auteur / Autrice : | Mélanie Pietri |
| Direction : | Sakina Chantoiseau-bensalem |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Physique |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/09/2023 |
| Etablissement(s) : | université Paris-Saclay |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Electrical, optical, bio-physics and engineering |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire Lumière, Matière et Interfaces |
| Référent : Ecole Normale Supérieure Paris-Saclay |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Les microalgues représentent une ressource biologique d'intérêt majeur pour de nombreuses applications industrielles : biocarburants, alimentation, cosmétique, traitement des eaux et production de molécules à haute valeur ajoutée. Cependant, le passage de la culture en laboratoire à l'échelle industrielle en photobioréacteur reste un verrou scientifique et technologique important. Les performances observées à petite échelle ne se reproduisent pas directement à plus grande échelle, en raison de la modification des conditions d'éclairement, de mélange, de transfert de gaz et de dynamique des nutriments. Ce problème de changement d'échelle limite aujourd'hui le déploiement industriel des procédés à base de microalgues. L'objectif de cette thèse est de développer des outils de modélisation prédictive permettant d'anticiper le comportement de cultures de microalgues lors du changement d'échelle, du laboratoire à l'échelle pilote. Pour cela, plusieurs approches de modélisation sont explorées et comparées. La première repose sur la méthodologie des surfaces de réponse (RSM), une approche statistique permettant de caractériser l'influence de multiples facteurs environnementaux (lumière, température, concentration en nutriments) sur la croissance microalgale à partir de plans d'expériences structurés. La deuxième s'appuie sur des modèles mécanistes formulés sous forme d'équations différentielles ordinaires (ODE), décrivant les mécanismes biologiques sous-jacents à la croissance (absorption des nutriments, photosynthèse, division cellulaire). Une troisième approche, hybride, couple ces deux cadres : les surfaces de réponse alimentent les paramètres du modèle dynamique, combinant ainsi la flexibilité statistique avec la capacité prédictive des modèles mécanistes. Enfin, une quatrième approche fondée sur des réseaux de neurones récurrents profonds (LSTM) est envisagée pour la prédiction du comportement de croissance d'une échelle de culture à une autre. Ces approches sont développées et validées sur un jeu de données expérimental original comprenant plus de 1 300 courbes de croissance de deux espèces de microalgues (Chlamydomonas reinhardtii et Monoraphidium sp.), cultivées dans des conditions variées et à deux échelles distinctes. L'enjeu est d'évaluer la capacité de chaque approche à prédire la croissance dans des conditions non testées expérimentalement et à une échelle différente de celle utilisée pour la calibration. Au-delà du cadre principal, des travaux exploratoires complètent cette thèse : modélisation d'une coculture microalgue-bactérie par système d'ODE et approches de réduction de modèles issues de la théorie des réseaux de réactions biochimiques. L'ensemble de ces travaux s'inscrit dans une démarche visant à fournir des outils mathématiques opérationnels pour accompagner le dimensionnement et l'optimisation des procédés de culture de microalgues à l'échelle industrielle.