Les droits processuels du détenu provisoire
| Auteur / Autrice : | Antoine De Peretti |
| Direction : | Jean-Baptiste Perrier |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | En droit spécialité Droit privé |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2020 |
| Etablissement(s) : | Aix-Marseille |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Ecole Doctorale Sciences Juridiques et Politiques |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : LDPSC - Laboratoire de droit privé et sciences criminelles |
Mots clés
Résumé
La détention provisoire renvoie, classiquement, à la mesure d'incarcération décidée par le juge des libertés et de la détention au cours de l'instruction préparatoire. Toutefois, cette approche restrictive méconnaît la diversité des cadres procéduraux dans lesquels une telle mesure peut être prononcée. Loin de se réduire à l'information judiciaire, la détention provisoire se déploie à toutes les étapes du procès pénal : placement et prolongation pendant l'instruction, maintien à la clôture de celle-ci, sanction d'une violation du contrôle judiciaire, mais aussi détention dans la phase de jugement, notamment en cas de renvoi d'audience ou d'impossibilité de réunion du tribunal. À ces hypothèses s'ajoutent la détention postérieure à un jugement non définitif, la détention dans la procédure de comparution à délai différé issue de la loi du 23 mars 2019, ainsi que la détention provisoire dans le cadre d'un mandat d'arrêt européen ou d'une demande d'extradition. Cette pluralité, souvent occultée, révèle en réalité des régimes distincts, constituant ce que l'on pourrait désigner comme les détentions provisoires. L'objet de la recherche est d'analyser les droits et garanties processuels attachés à ces différentes hypothèses, en les distinguant des droits substantiels (sûreté, dignité, vie privée). L'étude s'inscrit dans la lignée des théories processualistes qui conçoivent les droits processuels comme un ensemble de garanties fondamentales reconnues par les normes internationales, européennes et constitutionnelles. Ces droits comprennent, notamment, le droit au bon juge (indépendance, impartialité, motivation), le droit d'accès au juge, le droit au recours et les droits de la défense. La problématique centrale réside dans le dépassement du paradoxe originel d'une mesure privative de liberté frappant une personne présumée innocente. Si la détention provisoire demeure un mal nécessaire, sa fréquence d'usage révèle moins une infectivité des droits processuels qu'une culture pénale sécuritaire influençant le juge. L'enjeu n'est donc pas d'interroger la légitimité de la mesure, mais son application différenciée selon le cadre procédural et les hypothèses de détention provisoire. L'idée soutenue est que la singularité apparente de la détention provisoire dissimule une pluralité de régimes, générant des disparités dans les droits processuels du détenu provisoire. L'étude met ainsi en lumière des disparités, parfois significatives, dans les droits reconnus au détenu provisoire selon la procédure concernée. À titre d'illustration, le délai d'appel d'une décision de rejet de mise en liberté varie selon que la mesure a été prononcée pendant l'instruction (dix jours) ou en jugement (vingt-quatre heures). De telles différences traduisent une absence d'unité du régime de la mesure. Dès lors, la réflexion vise à identifier les disparités affectant les droits processuels du détenu provisoire pour à penser les voies d'une harmonisation des droits processuels, afin de restaurer une cohérence minimale dans un domaine où la liberté individuelle devrait constituer la norme et non l'exception.