Thèse en cours

Réactivité hétérogène et devenir atmosphérique des produits phytopharmaceutiques : cinétiques de dégradation, produits de transformation et dynamique de répartition

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AttentionLa soutenance a eu lieu le 01/12/2025. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Boulos Samia
Direction : Henri WorthamEtienne Quivet
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sciences de l'environnement : Chimie
Date : Inscription en doctorat le
Soutenance le 01/12/2025
Etablissement(s) : Aix-Marseille
Ecole(s) doctorale(s) : Ecole Doctorale Sciences de l'Environnement
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : LCE - Laboratoire Chimie Environnement
Equipe de recherche : Instrumentation et réactivité atmosphérique
Jury : Président / Présidente : Frédéric Thevenet
Examinateurs / Examinatrices : Henri Wortham, Christian George, Bénédicte Picquet-varrault, Imad El haddad, Carole Bedos
Rapporteurs / Rapporteuses : Christian George, Bénédicte Picquet-varrault

Résumé

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Les pesticides sont largement utilisés en agriculture et constituent une source préoccupante de contamination de l’environnement. Si leur devenir dans les compartiments sol et eau est relativement bien étudié, leur comportement dans l’atmosphère reste encore mal compris et peu intégré dans les évaluations réglementaires. L’atmosphère agit pourtant comme un vecteur essentiel de dispersion, de transformation et de dépôt, pouvant conduire à un transport sur de longues distances et à une exposition des zones éloignées des sites d’application. Cette thèse vise à améliorer la compréhension des processus contrôlant la persistance des pesticides dans l’atmosphère et leur répartition entre les phases gazeuse et particulaire. La réactivité hétérogène de neuf pesticides couramment utilisés en viticulture et adsorbés sur des particules modèles de silice hydrophobe (boscalid, cyperméthrine, cyprodinil, deltaméthrine, folpet, pendiméthaline, spiroxamine, tébuconazole et trifloxystrobine) a été étudiée. Dans un premier axe, la photolyse hétérogène a été caractérisée. Les résultats montrent une grande variabilité des constantes de dégradation et mettent en évidence des phénomènes de photosensibilisation en présence de mélanges. Les réactivités hétérogènes vis-à-vis de l’ozone et des radicaux hydroxyles ont été déterminées. Les temps de demi-vie atmosphériques calculés sont significativement plus faibles que ceux rapportés en phase gazeuse, suggérant une sous-estimation de la persistance et du potentiel de transport atmosphérique dans les modèles actuels. Un second axe a porté sur la partition gaz/particule, étudiée dans un dispositif expérimental de laboratoire couplé à un dispositif de mesure en ligne et en temps réel. Les résultats confirment l’influence de la température et mettent en évidence le rôle jusque-là peu documenté de l’humidité relative, qui favorise la fraction particulaire des pesticides hydrosolubles, en contradiction avec les prédictions des modèles théoriques. Dans un troisième axe, l’identification des produits de transformation a mis en évidence plusieurs composés déjà identifiés dans d’autres compartiments environnementaux mais aussi des produits nouveaux, dont certains sont potentiellement plus toxiques que les pesticides parents. L’ensemble de ces travaux montre qu’en présence d’humidité, les processus de réactivité hétérogène et de partage entre les phases gazeuse et particulaire accroissent la persistance atmosphérique des pesticides et renforcent leur potentiel de transport à longue distance. Ces résultats soulignent la nécessité de prendre en compte la phase particulaire du compartiment atmosphérique dans les approches réglementaires d’évaluation des risques.