Émissions des navires et impact sur la qualité de l'air en milieu urbain
| Auteur / Autrice : | Quentin Gunti |
| Direction : | Barbara D'anna, Henri Wortham |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences de l'environnement : Chimie |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 13/11/2025 |
| Etablissement(s) : | Aix-Marseille |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Ecole Doctorale Sciences de l'Environnement |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : LCE - Laboratoire Chimie Environnement |
| Jury : | Président / Présidente : Frédéric Ledoux |
| Examinateurs / Examinatrices : Barbara D'anna, Karine Sartelet, Evelyn Freney, Jean-Eudes Petit, Henri Wortham | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Karine Sartelet, Frédéric Ledoux |
Mots clés
Résumé
Depuis le 1er janvier 2020, lOrganisation maritime internationale (OMI) limite à 0,5 % la teneur massique maximale en soufre des carburants maritimes pour les navires opérant en dehors des zones de contrôle des émissions (ECA). Dans ces zones, une valeur plus stricte de 0,1 % est en vigueur depuis 2015. La Méditerranée incluant Toulon et Marseille relevait ainsi, jusquau 1er mai 2025, de la limite de 0,5 %, tandis que la Manche et la mer du Nord incluant le port de Dunkerque étaient déjà soumises au seuil de 0,1 %. Ces différences de cadre réglementaire constituent le contexte général dans lequel sinscrit cette thèse. Trois campagnes de mesures intensives ont été menées entre 2021 et 2022, après lentrée en vigueur dIMO2020. À Toulon, une première innovation méthodologique a consisté à appliquer la factorisation en matrices positives (PMF) aux aérosols organiques mesurés par HR-ToF-AMS, en exploitant la haute résolution chimique et temporelle des données et en introduisant des spectres de référence comme contraintes. Cette PMF contrainte attribue 11,2 % de laérosol organique (OA) aux émissions maritimes. À Marseille, lapproche a été prolongée par lintégration de données granulométriques issues dun EEPS dans la matrice PMF, permettant dévaluer simultanément les contributions maritimes en masse et en nombre de particules ultrafines. En moyenne, les navires représentent 10 % de la masse daérosols submicronique non réfractaire, 44 % du nombre total de particules submicronique (PN) et 62,6 % du nombre de particules ultrafines, avec en outre 15,5 % de la masse de HAP attribuée aux navires. Enfin, la campagne de Dunkerque a permis de déterminer de manière systématique des facteurs démission pour les phases gazeuse et particulaire, offrant une vision complète des rejets maritimes dans un contexte réglementaire plus strict. Les résultats montrent que, malgré la réduction des émissions soufrées, les particules organiques et ultrafines demeurent abondantes. Une attention particulière a été portée aux émissions dOA et de HAP : la méthodologie développée permet dattribuer directement la contribution des sources maritimes, tant en masse quen nombre, à la pollution urbaine. Ainsi, les navires apparaissent minoritaires en masse mais dominants en nombre, en particulier pour les PN0.1. En fournissant des facteurs démission actualisés, des signatures chimiques à haute résolution et une approche multi-instrumentale de déconvolution, cette thèse établit un socle scientifique robuste pour affiner les inventaires démissions en zones ECA et améliorer la représentation des panaches frais dans les modèles de qualité de lair.