Formes et fonctions de la représentation des femmes dans les productions italiotes: contextes archéologiques et perspectives de valorisation.
| Auteur / Autrice : | Emmanuelle Bignoumba |
| Direction : | Claude Pouzadoux, Evelyne Prioux |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Archéologie - Ethnologie |
| Date : | Inscription en doctorat le 16/11/2023 |
| Etablissement(s) : | Paris 10 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Espaces, Temps, Cultures (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 2000-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : ArScAn. Archéologies et sciences de l'Antiquité (Nanterre ; 1999-....) |
Mots clés
Résumé
De manière paradoxale, très peu d'études se sont intéressées aux femmes dans les sociétés de l'Italie pré-romaine. Les indices évoquant les très nombreux conflits vécus par ces sociétés et l'intérêt des chercheurs pour le travail des métaux et pour les découvertes d'armes ont entraîné une focalisation sur la composante masculine de la population. Pourtant, les productions céramiques de ces sociétés présentent une caractéristique paradoxale : un cinquième des vases présentant un décor qui sont retrouvés en contexte représentent des têtes féminines ou des femmes dans des scènes de genres. Pour étudier ces scènes de genre, je m'attacherai notamment à la représentation des gestes rituels effectués par les femmes. Comme il ne sera pas possible de rassembler un catalogue exhaustif de ces vases à l'échelle de l'Italie, je chercherai surtout à constituer une typologie des portraits en m'appuyant sur la typologie des parures déjà réalisée dans le cadre de mon master. Pour ce qui est de la typologie des scènes de genre, j'essayerai de déterminer quels sont leurs schémas récurrents de composition (nombre de personnages, nombre de registres, éléments architecturaux représentés, etc.). Je compte aussi me concentrer sur des vases issus de contextes de provenance connus, par un dépouillement systématique des rapports de fouilles, jusqu'aux publications récentes, mais aussi des archives des musées (Naples, Tarente et Bari). Je prévois aussi d'étendre mon corpus à deux autres régions, la Lucanie et la Calabre, de manière à ajouter les productions de trois colonies grecques de l'aire ionienne, Métaponte, Héraclée et Locres, et d'étudier la diffusion des portraits féminins dans les sanctuaires de ces cités, à partir des dépôts votifs, ainsi qu'auprès des centres italiques de l'arrière-pays. Je disposerai pour cette approche, des synthèses présentées dans le cadre du 59e colloque de Tarente qui a porté en 2019 sur la visibilité, la représentation et les rôles des femmes en Grande-Grèce. Je compte en outre ajouter un nouveau volet en proposant de confronter la codification de l'idéal féminin que j'ai pu mettre en évidence à partir des têtes de femme, mais aussi des femmes en pied ou dans des scènes de genre à la codification des héroïnes mythologiques. L'objectif est d'évaluer le rôle du mythe dans l'élaboration d'archétypes visuels qui construisent l'exemplarité féminine dans la sphère de la séduction, du mariage et du deuil. Pour mener à bien ce travail je m'appuierai donc sur des sources variées, issues de l'archéologie (céramique, archéologie de la production, archéologie du rituel, archéologie funéraire), sur un approfondissement de mes connaissances en histoire de l'art autour de la notion de portrait et des rapports entre individualisation des traits et idéalisation de la figure, mais aussi en réfléchissant à l'expression des émotions et à la culture visuelle de ces sociétés italiques.