Relation à la nature des enfants vivant en Quartiers Prioritaire de la Ville : représentations, émotions et pratiques
| Auteur / Autrice : | Anaïs Martin |
| Direction : | Geneviève Bergonnier-dupuy |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences de l'éducation et de la formation |
| Date : | Inscription en doctorat le 22/11/2023 |
| Etablissement(s) : | Paris 10 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Connaissance, langage et modélisation |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de Recherche éducation et formation |
Résumé
Le lien existant entre droits humains et enjeux écologiques s'est consolidé depuis la seconde moitié du XXe siècle. Aujourd'hui, la crise climatique est largement reconnue comme un facteur aggravant de nombreux risques, dont la fréquence et l'intensité tendent à s'accroître (GIEC, 2023). Elle est également perçue comme une menace de plus en plus pressante et systémique pour les droits humains (ONU, 2021 ; Baudouin, Zalcman, 2020). De nombreuses études ont montré que les personnes vivant en situation de pauvreté subissent des inégalités liées au changement climatique (Chaumel, La Branche, 2008 ; Emelianoff, 2008 ; Deldrève, 2020 ; Désaunay, 2022 ; Jouzel, Michelot, 2022 ; Prochasson, 2023). Dans le contexte de l'adaptation au changement climatique, ces inégalités sont aggravées (Laurent, 2017 ; Duvoux, 2023). La menace que représente la crise climatique pèse davantage sur les enfants vivant en situation de pauvreté, particulièrement vulnérables, tant dans leur vie quotidienne que dans le respect de leurs droits et besoins (Jardin, 2024 ; Rapport Innocenti, 2022). Si les enfants figurent parmi les plus vulnérables face aux effets du changement climatique, leur participation aux décisions environnementales reste marginale, en dépit des cadres juridiques qui garantissent leur droit à être entendus (Comité des droits de l'enfant, 2023 ; Rapport Enfants, 2024). Cette marginalisation est accentuée pour ceux issus des Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV), souvent exclus des espaces démocratiques classiques (Bordes, 2007), ceci étant cumulé à une tendance collective à l'infentisme, c'est-à-dire à un phénomène de décrédibilisation de la parole des enfants par les adultes (Young-Bruehl, 2012 ; Benoit, 2023 ; Lignier, 2023). Parallèlement, la montée de l'urbanisation et la multiplication des automobiles dans les villes ont contribué à éloigner les enfants de leur environnement naturel, renforçant un repli vers des espaces intérieurs (Tonucci, 1996 ; Paquot, 2023 ; Rivière, 2023). Pourtant, dans le cadre du Programme national de rénovation urbaine (PNRU), on observe un phénomène de « renaturation », qui vise, par exemple, à intégrer des zones de friches, des espaces publics en zone humide ou encore de l'agriculture urbaine au sein des Quartiers Prioritaires de la Ville (ANCT, 2024), ce qui va profondément transformer les espaces de vie extérieurs des enfants et adolescents. L'état des recherches révèle un manque de travaux centrés sur la relation que les enfants des quartiers populaires entretiennent avec leur environnement naturel. Cette étude vise donc à combler ce vide, en interrogeant les émotions, les représentations de la nature et les pratiques en lien avec celle-ci, chez les enfants vivant en QPV. Elle ambitionne de mettre en lumière leurs perceptions et expériences dans un contexte de transformation écologique de leur quartier.