Thèse en cours

Des cours de récréations plus égalitaires et plus vertes ? Permanences et mutations d'une politique éducative entre local et national.

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Auteur / Autrice : Florian Gizard
Direction : Julien Cahon
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sciences de l'education et de la formation
Date : Inscription en doctorat le 06/10/2023
Etablissement(s) : Amiens
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale en Sciences humaines et sociales
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : CAREF Centre Amiénois de Recherche en Education et Formation

Résumé

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Depuis le 18 décembre 1976, « les classes maternelles et primaires sont mixtes » (Barre et alii, Journal Officiel, 1976) : dès lors, filles et garçons reçoivent le même enseignement au sein des mêmes écoles maternelles et primaires. À noter que la mixité s'est imposée progressivement à partir des années 1950-1960 pour des raisons pédagogiques dans le premier degré (plus grande subdivision des classes) et matérielles dans le second degré (massification et pénurie de locaux) mais que « peu de débats ont précédé l'introduction de la mixité des classes tant il semblait évident que les filles gagneraient à accéder aux mêmes services et structures éducatives que les garçons, ou encore que les jeunes des deux sexes se co-éduqueraient entre eux » (Duru-Bellat, 2011). Cependant, les travaux de recherche en éducation effectués depuis la fin des années 1990 (Jarlégan, 1999, Duru-Bellat, 2002 puis Pétrovic, 2004) comme les statistiques du ministère de l'Éducation nationale sur le sujet (DEPP, 2020) tendent à révéler des différences entre filles et garçons au sein de l'école : écarts de performance, orientations différentes, interactions différenciées entre pairs et avec les différents acteurs de l'Éducation Nationale, occupations différenciées des espaces au sein des écoles, en particulier de la cour de récréation. Dès lors, cet espace particulier (non régulé par les adultes, bien qu'ils le surveillent) a fait l'objet d'études approfondies en fonction de prismes d'observation bien distincts. Une approche historique des cours de récréation en France en a étudié les dimensions architecturales, sociales et culturelles (Barrera, 2016). Certains chercheurs se sont intéressés à l'aspect anthropologique de cet espace en s'appuyant sur la pratique de jeux et les interactions entre pairs au sein de celui-ci (Delalande, 2001, Salavero, 2017, Frouard, 2020). D'autres ont étudié la façon dont le regard porté par les adultes sur cet espace influence directement ou indirectement les interactions que les élèves y ont (Pasquier, 2015, Levrard, 2020). Enfin, la cour de récréation a été saisie par des géographes comme un espace genré révélant alors une occupation différenciée en fonction du sexe des élèves (Maruéjouls-Benoit, 2014, Gilles, 2021). Ces dernières études révèlent une occupation genrée de l'espace cour de récréation aussi bien dans le premier que dans le second degré : les garçons occupent la partie centrale de celle-ci (souvent constituée d'un terrain de football) alors que les filles restent autour de ce terrain (Duru-Bellat, 2011). Dès lors, des projets de cour de récréation non-genrée ont éclos dans certaines villes de France comme à Trappes en 2018, à Grenoble ou encore à Rennes. Parallèlement, d'autres projets de réaménagement des cours de récréation voient le jour avec un objectif différent : lutter contre les conséquences du changement climatique avec la naissance de dix cours oasis entre 2019 et 2021 en région parisienne, dont l'objectif est de « survivre, s'adapter et continuer à se développer malgré les crises aiguës et les changements irréversibles » (About et alii, Cours oasis : cahier de recommandations, 2021). C'est la fabrique de ces politiques éducatives municipales, départementales et nationales ainsi que le conflit politique entre cours dégenrées et cours revégétalisées que ce projet de thèse se propose d'étudier, dans la mesure où cette dimension (qui a fait l'objet d'une forte exposition médiatique) est très peu présente dans la littérature scientifique.