Estimation des pertes par évaporation des plans d'eau par croisement de données et modélisation
| Auteur / Autrice : | Gaspard Demorcy |
| Direction : | Florence Habets |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences de la Terre et de l'environnement |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/09/2023 |
| Etablissement(s) : | Université Paris sciences et lettres |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences de la terre et de l'environnement et physique de l'univers (Paris ; 2014-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : École normale supérieure (Paris ; 1985-....). Laboratoire de géologie |
| Equipe de recherche : Surface & Réservoir | |
| établissement opérateur d'inscription : École normale supérieure (Paris ; 1985-....) |
Mots clés
Résumé
Les sécheresses récurrentes et le risque de leur intensification avec le changement climatique poussent de multiples acteurs des territoires à construire de nouveaux réservoirs d'eau pour s'adapter. Cependant, ces plans d'eau peuvent avoir des impacts négatifs sur les milieux en termes de quantité et de qualité de l'eau 1,2. Parmi ces impacts, les pertes par évaporation peuvent nuire à la fonction même de ces plans d'eau. Ainsi, aux Etats Unis, les pertes par évaporation des plans d'eau sont estimées correspondre à un volume équivalent à la consommation en eau potable du pays 3. Les facteurs contrôlant les pertes par évaporation sont liées à la température de l'eau, elle-même dépendante de la forme de la retenue, notamment, de sa profondeur, des modes des remplissages et de vidanges du plan d'eau. Les conditions météorologiques impactent également l'évaporation, notamment, l'humidité de l'air, ainsi que l'exposition au vent et l'ensoleillement, qui peuvent tous deux être affectés par l'aménagement des berges. Des estimations des pertes par évaporation ont été réalisées dans différentes régions, avec différentes méthodes : tours à flux, bac à évaporation flottant, isotopie, modélisation 46. Ces observations permettent d'avoir des ordres de grandeurs, mais restent difficilement généralisable à d'autres contextes climatiques et d'autres tailles de retenues. Ainsi, dans le cadre de cette thèse, nous proposons de nous appuyer sur un ensemble de lacs expérimentaux de la plateforme Planaqua de l'écotron CEREEP IIe de France allant jusqu'à 750 m3 pour évaluer les pertes par évaporation avec deux méthodes : une méthode de bilan hydrique et une méthode avec un bac évaporatoire flottant. En parallèle, ces deux approches seront testées sur des grands lacs (plusieurs millions de m3) situés dans des conditions climatiques proches. La dimension de ces lacs permettra de tester le potentiel de données satellitaires (Insar, Swot, Grace) et GPS pour approximer les flux ou aider à contraindre les mesures in-situ. En cas de succès, ces méthodes pourront être appliquées sur d'autres plans d'eau pour lesquelles des données parcellaires sont disponibles, comme par exemple, les réservoirs de substitution du marais Poitevin. In fine, des conditions climatiques correspondant aux décennies à venir pourront être testées au sein des chambres climatiques (ecolab) de l'écotron CEREEP Ile de France. L'objectif de ce travail est, en plus d'une détermination des pertes actuelles, d'envisager les configurations des futurs plans d'eau les plus favorables à une réduction de ces pertes. Ainsi, alors qu'on peut estimer qu'un lac profond perd moins d'eau, car la surface est réduite par rapport à son volume, il est possible que du fait de la stratification, sa température de surface soit plus chaude, et donc, les pertes plus importantes. L'ensemble des données pourraient faire l'objet de modélisation avec l'outil Flake4 de Météo-France. Ces travaux seront menés en lien avec l'Inrae de Lyon, MétéoFrance, Seine Grands Lacs, Vendée eau, et le SMVSA (Syndicat Mixte Vendée Sèvre Autize).