Langages du pouvoir : formes et reception de la rhétorique papale dans la Summa dictaminis de Thomas de Capoue (1213-1268)
| Auteur / Autrice : | Sofia Santosuosso |
| Direction : | Benoît Grévin, Antonio Montefusco |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Histoire et civilisations |
| Date : | Inscription en doctorat le 25/09/2023 |
| Etablissement(s) : | Paris, EHESS |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Dans le sillage du regain d’intérêt scientifique qui touche actuellement la discipline de l’ars dictaminis et son histoire sociale, la thèse se propose d’examiner certains aspects de la tradition dictaminale d’origine pontificale à travers l’étude de la Summa dictaminis du cardinal Thomas de Capoue, la plus ancienne des grandes collections épistolographiques réalisées par les notaires de la Curie au cours du XIIIᵉ siècle. La première partie du travail vise à reconstituer le contexte de production et de circulation des premières versions du recueil, en accordant une attention particulière au « réseau socio-stylistique » des dictatores chargés de la rédaction et de l’organisation du matériau. Sont analysées plus précisément trois collections conservées respectivement dans les manuscrits Paris, BnF, lat. 11867, Paris, BnF, lat. 9376 et Reims, Bibliothèque Carnegie, 1275, avec l’édition en annexe de quarante-trois textes jusqu’ici inédits. Ces recueils relèvent de la branche la plus ancienne de la tradition de la Summa, que l’on désigne conventionnellement comme « tradition non ordonnée » ou « extravagante », par opposition à la tradition « ordonnée » en dix livres, qui s’impose à partir des années 1270 comme la forme la plus stable et la plus largement diffusée du recueil. Un examen de la vaste constellation des matériaux « extravagants » du dictamen siculo-pontifical, comme l’ont montré les récentes éditions du Codex Fitalia (2022), des textes liés au studium napolitain (2009) et de la collection épistolaire d’origine méridionale du Parisinus Latinus 8567 (2007), permet de reconstituer ce « canon manquant » dont l’absence a longtemps limité une compréhension pleine et entière des idées, des pratiques et des contextes de l’ars dictaminis méridionale. La seconde partie de la thèse est consacrée à l’étude du style de la Summa dans sa version classique en dix livres. L’analyse stylistique s’articule autour de quatre axes d’enquête : l’usage des techniques de l’ornatus ; le langage biblique ; les rapports avec le genre du sermon ; la présence du langage juridique. Après avoir identifié les stratégies stylistiques les plus récurrentes des dictatores de la Curie, l’étude examine la circulation de la Summa comme modèle stylistique et comme vecteur de langages politiques dans l’Occident médiéval jusqu’au XVe siècle, en accordant une attention particulière à sa réception dans les chancelleries des centres de pouvoir laïcs et ecclésiastiques.