Thèse en cours

Relations de prédictibilité dans les paradigmes nominaux des langues fenniques

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Auteur / Autrice : Jules Bouton
Direction : Olivier Bonami, Riho Grunthal
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sciences du langage - linguistique
Date : Inscription en doctorat le 24/08/2023
Etablissement(s) : Université Paris Cité
Ecole(s) doctorale(s) : 660 - Sciences du langage
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : UMR 7110 laboratoire linguistique formelle (LLF)

Résumé

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Les langues apparentées sont réputées partager des similarités formelles (par exemple du matériel lexical et morphologique) et des similarités structurelles (par exemple des patrons morphophonologiques). Cette hypothèse est à l'origine des principales conclusions de la linguistique historique, alors même qu'il est difficile d'évaluer de façon systématique l'importance des similarités structurelles. Cette thèse prend l'exemple de la flexion nominale dans les langues fenniques pour proposer des méthodes robustes pour décrire et comparer les structures de paradigme. J'adopte la perspective Mot & Paradigme et je travaille avec une approche computationnelle doublée d'une analyse qualitative des données. L'échantillon de langues retenu comprend le finnois, l'estonien, le carélien olonetse et le live. Dans la partie I, je décris les principales propriétés de la flexion nominale dans les langues fenniques en général, et dans les quatre langues étudiées en particulier. Je présente également les lexiques fléchis en transcription phonémique développés pour servir de support aux analyses quantitatives. J'explicite notamment les choix de la description et de la phonémisation. Enfin, je présente un alignement des lexiques sur des principes étymologiques. Dans la partie II, je présente les soubassements théoriques de la thèse et les méthodes qui me permettront d'étudier les structures des paradigmes sous deux angles : celui des relations de prédictibilité et celui de la structure des classes flexionnelles. Alors que l'étude de la flexion s'appuie généralement sur des paradigmes canoniques (une forme par case), je souligne que la surabondance (plusieurs formes par case) est un phénomène documenté dans plusieurs langues fenniques qui affecte la structure des paradigmes. Je présente donc des méthodes probabilistes pour évaluer la prévalence de la surabondance et pour prendre en compte ses effets sur la prédictibilité du système. Dans la partie III, je m'intéresse aux propriétés des quatre langues fenniques étudiées. Pour chacune, j'analyse les choix opérés dans les descriptions récentes et je propose des éléments pour une description quantitative des relations de prédictibilité et des hiérarchies de classes. Ces systèmes peuvent généralement être décrits comme une superposition de plusieurs niveaux morphologiques: alternances radicales, affixales et suprasegmentales. En particulier, la notion de « voyelle thématique » est fructueuse à la fois pour décrire les classes flexionnelles et pour étudier les situations d'imprédictibilité. Enfin, la partie IV est consacrée à la comparaison des structures des quatre langues. Je discute quelques études récentes pour identifier leurs apports et leurs limites. J'aligne ensuite les lexiques fléchis des quatre langues à l'aide des données étymologiques afin de les comparer. En analysant les relations de prédictibilité, je montre que la distribution des voyelles thématiques aboutit à des structures de prédictibilité similaires. Les zones d'interprédictibilité peuvent également être comparées à des structures morphomiques. En ce qui concerne les classes flexionnelles, je présente trois représentations différentes de leur structure, et montre qu'elles révèlent des propriétés différentes. Toutes, cependant, suggèrent une plus grande proximité du finnois et du carélien, ce qui est conforme aux connaissances sur les relations phylogénétiques au sein du groupe fennique. L'étude des structures de prédictibilité et des classes flexionnelles permet ainsi de faire ressortir des propriétés non triviales des systèmes linguistiques, ce qui en fait une piste d'analyse prometteuse pour la typologie aréale.