Le « crime rituel » au Gabon, vers une anthropologie religieuse du « corps-matière forte ».
| Auteur / Autrice : | Luce Manomba obame |
| Direction : | Agnès Kedzierska-Manzon |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Anthropologie |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/11/2023 |
| Etablissement(s) : | Université Paris sciences et lettres |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale de l'École pratique des hautes études (Paris) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut des mondes africains |
| établissement opérateur d'inscription : École pratique des hautes études (Paris ; 1868-....) |
Résumé
Ce projet de thèse porte sur un phénomène social dénommé « crimes rituels » au Gabon. L'expression désigne des meurtres dont les victimes, retrouvées dans des lieux publics éloignés des centres villes, ont subi une ablation d'organes, selon les cas d'yeux, de langue, de cur, de parties génitales. Selon l'opinion publique gabonaise, ces organes extraits serviraient à la confection ou à l'alimentation d'objets-pouvoirs définis localement comme « fétiches ». Dans ma thèse, je propose d'interroger les « crimes rituels » en tant qu'une forme particulière de sacrifice qui s'est cristallisée au cours des années 1980 au Gabon et qui supposerait chez les sacrifiants une perception des victimes en tant que « corps matières-fortes ». Il s'agira de comprendre pourquoi et comment ces matières doivent entrer dans la fabrication ou la vivification des objets de pouvoir que sont les « fétiches » et d'explorer les transformations en cours des conceptualisations du pouvoir, de la personne et du religieux sous-jacents.