Développement d'une méthode éléments finis enrichis dans le cadre d'une approche variationnelle : application à la modélisation des comportements THM des argilites et des ouvrages
| Auteur / Autrice : | Guilherme Garcia botelho |
| Direction : | Jean-Baptiste Colliat |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Mécanique, énergétique, génie des procédés, génie civil |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2023 |
| Etablissement(s) : | Centrale Lille Institut |
| Ecole(s) doctorale(s) : | ENGSYS Sciences de l'ingénierie et des systèmes |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : LaMCube - Laboratoire de mécanique multiphysique et multiéchelle |
Mots clés
Résumé
Dans le contexte du stockage géologique des déchets radioactifs, la modélisation des zones endommagées et fissurées induites par l'excavation et l'augmentation de température est un sujet primordial. L'évolution à long terme de ces zones, par exemple par le processus d'autocolmatage, affecte la sûreté du stockage. Pendant plusieurs décennies, un grand nombre d'études expérimentales en laboratoire et in situ ont été réalisées pour étudier les processus de fissuration sous différents types de sollicitations, notamment le chargement thermique. Dans le même temps, différents types de modèles de comportement et de méthodes numériques ont été développés pour décrire les comportements THM des argilites du Cox, l'évolution des zones de fissuration au tour des cavités et de galeries. Parmi les principales méthodes numériques utilisées, on peut distinguer les approches basées sur la mécanique des milieux continus et celles considérant des milieux discrets. Pour la modélisation des expérimentations in situ et des futurs ouvrages de stockage en configuration 3D, les approches en milieux continus représentent le choix principal car elles sont physiquement fondées. Pour décrire la nucléation et la propagation de fissures à différentes échelles dans le cadre de ces approches continues, on peut citer de nombreux modèles plastiques et d'endommagement non-locaux ou à gradient. Les fissures sont représentées par des bandes de localisation de déformation ou d'endommagement. Les discontinuités de déplacement liées à l'évolution des fissures ne sont pas explicitement prises en compte. Afin de décrire ces discontinuités, des approches incorporant des « discontinuités fortes » ont été imaginées. Leur déclinaison pratique a conduit aux méthodes X-FEM, G-FEM et E-FEM (entre autres). La première présente de multiples avantages mais son utilisation 3D et dans le cas de fissures multiples reste compliquée. Basée sur un enrichissement élémentaire, la méthode E-FEM, en revanche, permet de traiter ces discontinuités au niveau élémentaire, comme des lois de comportement. Son implémentation numérique est donc relativement aisée. La méthode E-FEM peut être facilement utilisée pour des problèmes 3D et dans le cas de multiples fissures. Notre équipe travaille sur cette méthode depuis de longues années et a acquis une expertise reconnue (voir Sun et al. 2021a, 2021b pour nos travaux récents). Cependant, la description de la nucléation des fissures de façon physiquement fondée demeure un problème pour les approches à « discontinuités fortes ». En particulier, on sait aujourd'hui que les critères de nucléation en contraintes sont trop simplistes pour être prédictifs. Basée sur l'approche variationnelle de la mécanique de la rupture (Francfort et al. 1998 ; Bourdin et al. 2000), la méthode dite « champ de phase » a connu des avancées significatives pendant ces dernières années. Ici, le problème de nucléation et de propagation des fissures est résolu par la minimisation d'une fonctionnelle énergétique globale. Elle est ainsi capable de traduire naturellement la transition d'un endommagement diffus à la fissuration localisée. Notre équipe a largement travaillé sur cette méthode pendant ces dernières années et nous avons développé de nouveaux modèles de champ de phase pour des problèmes de couplage THM. Cependant, les fissures discontinues sont approximées par une densité de fissuration volumique. Le résultat est donc un ensemble de bandes d'endommagement localisées, sans description quantitative des ouvertures de fissures. L'objectif principal du travail présenté ici consiste donc à développer une nouvelle méthode E-FEM dans le cadre d'une approche variationnelle énergétique. La méthode ainsi obtenue devra être capable de décrire la nucléation, la propagation et l'ouverture d'un ensemble de fissures en 3D et en tenant compte des couplages THM.