Thèse en cours

La résidence habituelle en droit international privé

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Auteur / Autrice : Marine Dubeau
Direction : Estelle Gallant
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Droit
Date : Inscription en doctorat le 09/10/2023
Etablissement(s) : Université Toulouse Capitole
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Droit et Science Politique
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : IRDEIC - Institut de Recherche en Droit Européen, International et Comparé

Résumé

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En droit international privé, notamment en matière de droit international privé de la famille, la résidence habituelle est devenue le critère de rattachement le plus important, tant en ce qui concerne la compétence judiciaire que la loi applicable. Ce choix s'est fait à défaut d'autres notions, comme celles de la nationalité ou du domicile, anciennement utilisées. Alors que l'un des objectifs du droit international privé est d'assurer la continuité des statuts par-delà les frontières, l'utilisation systématique du critère de la résidence habituelle, qui est par essence un critère mobile, crée un paradoxe : comment localiser la résidence habituelle de l'enfant, par exemple, alors que le droit international privé est précisément mobilisé parce que la famille se disloque ? Massivement employée par le législateur international comme européen, la résidence habituelle laisse dès lors les praticiens et les interprètes dans le flou puisqu'une des difficultés sous-jacentes reste à savoir comment définir et appliquer cette notion qui n'est appréciée qu'au vu des circonstances de chaque affaire. Ainsi, même si une définition claire et uniforme de la résidence habituelle ne semble pas émerger, certaines caractéristiques semblables et récurrentes apparaissent en jurisprudence. Il ressort donc de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne certains éléments constitutifs permettant aux juridictions nationales de déterminer la résidence habituelle de l'individu. En matière de responsabilité parentale, de divorce ou de successions, la Cour de justice s'accorde, par exemple, depuis maintenant quelques années sur la présence de deux éléments : un élément matériel (durée et régularité du séjour) et un élément intentionnel (raisons du séjour). Cependant, il est à noter que ces éléments peuvent recevoir une interprétation différente et qu'ils ne sont que des indicateurs et des indices ayant été déterminés sur la base d'un ensemble de circonstances de fait propres à chaque cas d'espèce. Le guide jurisprudentiel fourni par la Cour de justice apparaît donc insuffisant afin d'épuiser la complexité de la notion.