Le rôle des écrits de jeunesse chez les auteurs du monde anglophone au dix-neuvième siècle
| Auteur / Autrice : | Lauriana Dumont |
| Direction : | Alice De georges, Emmanuelle Peraldo |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Langue, litterature et civilisation anglophones |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2023 |
| Etablissement(s) : | Université Côte d'Azur |
| Ecole(s) doctorale(s) : | SHAL - Sociétés, Humanités, Arts et Lettres |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : CENTRE TRANSDISCIPLINAIRE D'ÉPISTEMOLOGIE DE LA LITTÉRATURE ET DES ARTS VIVANTS |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Les uvres romanesques de George Eliot, Jane Austen, Charles Dickens, Louisa May Alcott, Robert Louis Stevenson, Virginia Woolf, Anne, Charlotte et Emily Brontë ne semblent pas, de prime abord, particulièrement liées, pourtant, quelque chose dans la genèse littéraire de ces textes tisse une toile entre eux. En effet, tous ces écrivains partagent leur pratique précoce de l'écriture, et ont tous rédigé des écrits de jeunesse, ce que l'on appelle des juvénilia. Il s'agit de comprendre quels rôles jouent ces premiers écrits (souvent discrédités et généralement pas publiés du vivant de leur auteur) dans le développement littéraire de ceux-ci. Ces premiers écrits contiennent-ils toujours déjà les germes des romans de la maturité ? Dans un premier temps, il faudra étudier les juvénilia comme laboratoire de l'identité littéraire, un espace dans lequel le jeune écrivain teste les limites imposées par son genre et par les genres littéraires, et les dépasse parfois, ce qui donne lieu à une richesse et à une confusion générique. Ainsi l'affirmation d'un poème de Charlotte Brontë concernant sa fratrie (Charlotte, Branwell, Emily, et Anne Brontë), « nous avons tissé une toile dans notre enfance » semble fournir une métaphore appropriée pour décrire le caractère labyrinthique des juvénilia. Dans un deuxième temps, il s'agira d'examiner la personnalité littéraire qui transparaît dans les écrits précoces. Charles Dickens écrit à propos de divers éléments de son enfance que : « toutes ces choses ont fonctionné ensemble pour faire de moi qui je suis ». On est ainsi en droit d'imaginer que ses juvénilia contiennent des traces de sa future identité littéraire. Pourtant, il s'avère souvent qu'une rupture stylistique et thématique forte intervienne entre les uvres publiées et leurs précurseurs. Enfin, il sera possible d'en venir à se demander si les juvénilia sont des uvres littéraires à part entière. Quel est leur degré de pertinence artistique ? Dans ce cadre, il s'agira d'adopter une approche comparative pour confronter chaque texte à l'uvre mature de son auteur et aux autres juvénila. La question du processus narratif s'inscrira au cur de ce projet pour comprendre comment se développent les voix de ces futurs romanciers.