Thèse en cours

La Mémoire Episodique Comme Imagination Recréative

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Auteur / Autrice : Jay Richardson
Direction : Denis Perrin
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Philosophie
Date : Inscription en doctorat le 01/10/2023
Etablissement(s) : Université Grenoble Alpes
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de philosophie (Lyon ; Grenoble ; 2007-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : IPhiG - Institut de Philosophie de Grenoble

Mots clés

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Résumé

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De récentes découvertes dans le domaine des sciences cognitives ont donné lieu à un débat central dans la philosophie de la mémoire sur la relation entre la mémoire et l'imagination - le débat du (dis)continuisme. Le haut niveau de flexibilité de la mémoire épisodique, c'est-à-dire la capacité à revivre des événements passés, ainsi que le fait qu'elle partage certaines bases neuronales avec la projection de soi dans le futur, ont conduit de nombreux philosophes, psychologues et neuroscientifiques à s'interroger sur sa nature. Le débat du (dis)continuisme oppose, d'une part, les discontinuistes qui considèrent la mémoire épisodique et l'imagination comme deux types de capacités distinctes et, d'autre part, les continuistes qui considèrent que ces deux capacités ne diffèrent seulement par degré. Les différents camps du débat du (dis)continuisme ne s'accordent pas même sur la nature du désaccord, ce qui est révélateur de sa jeunesse. Je fais l'hypothèse que cette aporie est due à un manque d'apport des théorisations philosophiques sur la nature de l'imagination. Pour répondre à ce besoin, je développerai une théorie de l'imagination qui semble particulièrement bien adaptée pour donner sens à l'idée que la mémoire épisodique puisse être une forme d'imagination - le recréativisme. Cette théorie décrit l'imagination comme la capacité à recréer (ou 'simuler') le profil fonctionnel et la phénoménologie d'autres états mentaux tels que les croyances, les désirs, les perceptions, les intentions, etc. À la différence des autres théories de l'imagination, le recréativisme inclut dans la catégorie d'imagination de nombreux éléments qui semblent essentiels à la reviviscence de son passé personnel. Ainsi, le récréativisme constitue un cadre adéquat au débat du (dis)continuisme. Au-delà de cette première étape, qui consiste à recadrer le débat sur le (dis)continuisme de manière systématique, je défendrai une vision recréativiste continuiste de la mémoire épisodique. Selon cette conception, se souvenir épisodiquement d'un événement consiste à simuler un état passé de soi-même revivant cet événement. Cette hypothèse de travail s'inspire des tentatives d'application à la mémoire épisodique de la notion de mentalisation simulationnelle orientée vers soi, mais doit par la même occasion relever le défi de s'en distinguer.