Evaluation de la qualité et traitabilité des ressources en eaux de surface du Ghana
| Auteur / Autrice : | Isaac Osei-safo |
| Direction : | Justine Criquet |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Chimie organique, minerale, industrielle - LASIRE |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2023 |
| Etablissement(s) : | Université de Lille (2022-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences de la matière, du rayonnement et de l'environnement |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : LAboratoire de Spectroscopie pour les Interactions, la Réactivité et l'Environnement |
| Equipe de recherche : Physico-chimie de l.Environnement (PCE) |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
La disponibilité de ressources en eau abondantes n'est pas synonyme d'accès à l'eau potable pour tous et partout. Les pays d'Afrique subsaharienne en sont un exemple frappant. En effet, la quantité d'eau disponible dans ces pays est relativement importante, par exemple le Ghana dispose d'environ 2 000 m3/an/habitant ce qui le place au-dessus du niveau de stress hydrique considéré à 1700 m3/an/habitant. Cependant, le manque d'infrastructures et d'investissements a entraîné une pénurie d'eau potable. En effet, de nombreux Ghanéens, par manque de confiance, consomment de l'eau potable en bouteille et, s'ils ne sont pas raccordés au réseau de distribution, disposent d'un puits individuel. Les moins fortunés achètent de l'eau pour les besoins domestiques et s'abreuvent aux points de vente dans les quartiers (puits construits par des propriétaires privés) ou utilisent des eaux de surface souvent polluées. Aujourd'hui, les défis économiques liés à la chute drastique de la monnaie ghanéenne (qui baissera d'environ 40% par rapport au dollar d'ici 2022) fragilisent encore plus la société publique nationale de production d'eau potable. En effet, le coût de production de l'eau a récemment été multiplié par 4 en raison de l'augmentation du coût des réactifs importés et de l'énergie. Le Ghana produit une grande partie de son eau potable pour la population urbaine à partir d'eaux de surface (49 stations sur 91). Ce type d'eau, complexe à traiter, présente plus de risques de défauts de qualité, notamment en termes de désinfection. La chloration de l'eau apporte un immense bénéfice du point de vue de la sécurité sanitaire de l'eau distribuée, réduisant le nombre d'épidémies d'origine hydrique. Cependant, il est nécessaire de mesurer le risque associé à la formation concomitante de sous-produits. La formation de DBP est surveillée depuis de nombreuses années en Europe et aux États-Unis, mais aussi dans le monde entier. Les législations des différents pays et les recommandations de l'OMS se basent principalement sur deux familles de composés, les trihalométhanes et les acides haloacétiques, en partant du principe que la limitation de ces composés conduirait à une limitation globale de tous les SPD possibles (plus de 700 identifiés à ce jour). Notre récente analyse (février 2023) sur une eau potable d'Accra montre une concentration inquiétante de trihalométhanes (100 µg/L pour la somme des 4 composés habituellement réglementés, ce qui correspond à la ligne directrice de l'UE et dépasse celle des États-Unis qui fixe la limite à 80 µg/L). Le Ghana a intégré les sous-produits de désinfection dans sa législation, mais n'effectue pas de contrôle de qualité de son approvisionnement en eau en raison d'un manque d'expertise dans l'analyse des SPD. Le présent sujet de thèse se concentrera sur l'évaluation de la qualité des principales ressources en eau de surface du Ghana utilisées pour la production d'eau potable. Différents sites seront choisis en fonction de la population couverte, des processus de traitement des ressources en eau et de l'accessibilité. Un effort sera consacré à la caractérisation de la matière organique, principal précurseur de la formation de DBP. Le doctorant travaillera sur l'évaluation de la réactivité de cette matière organique vis-à-vis des réactifs de chloration, ce qui permettra d'évaluer le risque de formation de sous-produits de désinfection dans chaque eau. Des conditions forcées permettront d'évaluer les quantités maximales de DBP pouvant être formées et donc les risques associés à la potabilisation de ces eaux. Des conditions plus réalistes permettront également d'évaluer les sous-produits dits émergents qui ne figurent pas dans les différentes législations mais qui peuvent être plus toxiques (par exemple, les trihalométhanes iodés ont été trouvés à des concentrations élevées dans notre première analyse). D'autres précurseurs de DBP seront également analysés (bromure, iodure et ions ammonium) afin de mieux évaluer la spéciation et de prévoir leur formation.