Phénoménologie du geste politique
| Auteur / Autrice : | Dan Di Razza - Dilasser |
| Direction : | Philippe Sabot |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Philosophie |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/09/2023 |
| Etablissement(s) : | Université de Lille (2022-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences de l'homme et de la société |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Savoirs, Textes, langages |
Mots clés
Résumé
Cette thèse se propose d'élaborer, à partir de la méthode phénoménologique de Reiner Schürmann, l'analyse méthodique d'un concept fécond pour l'étude des nouveaux modes d'action politiques contemporains, à savoir celui de « geste politique. Schürmann montre que, depuis l'antiquité, la question « que dois-je faire ? » a traditionnellement trouvé sa réponse dans la référence à un fondement théorique donnant à l'action sa finalité et son orientation. Bien agir, ce n'est pas gesticuler de manière chaotique mais conformer ses actions, publiques ou privées, à une même norme (le Bien, le Juste, la recherche du Bonheur ) ou à une même constitution idéale servant de guide à l'action (cité parfaite, royaume céleste, règne de la liberté ). Il repère ainsi dans l'acte de naissance de la philosophie politique un mouvement d'exclusion, de recouvrement, d'invisibilisation de l'ensemble des comportements réflexes, physiologiques, automatiques, spontanés mais également des actions sans finalité théorique préalablement et consciemment fixée par les acteurs. Ce que nous appellerons désormais « geste » s'est ainsi vu délégitimé et invisibilisé, relégué à la marge du politique comme opérateur permettant de délimiter les bornes de la réflexion politique légitime. Si la philosophie politique invite donc à ne pas prendre au sérieux le geste, les nouveaux modes d'association politiques remettent en question cette exclusion. L'opposition de l'homme de la place de Tian'anmen, le suicide par immolation de Mohamed Bouazizi au point de départ du Printemps arabe, les mouvements de contestation Occupy Wall Street, la révolution hongkongaise des parapluies, les réunions spontanées des Nuits debout, les occupations asystématiques des gilets jaunes ou les mouvements de grèves sauvages, sont autant d'exemples de ces gestes parce qu'ils désignent des actions réalisées indépendamment d'un plan, ou de ce que Schürmann appelle une finalité. Il y a donc geste lorsque les actions de transformation du corps social ne sont pas exécutées selon un plan préétabli et lorsque les agents eux-mêmes refusent de comprendre ces actions comme de simples moyens en vue de l'établissement d'un projet, d'un programme ou d'une stratégie politique. Ce projet entend élaborer une étude normative et phénoménale du geste politique en suivant la méthodologie de la phénoménologie responsive de Reiner Schürmann. Nous pensons que cette méthode et cet objet possèdent une opérativité qui permettrait de mieux appréhender les réinventions citoyennes et immanentes du répertoire de l'action politique qui le plus souvent échappent aux catégories traditionnelles de la pensée politique.