Thèse en cours

La fiction polaire britannique du 19ème siècle : ouvrir les frontières de l'aventure

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Auteur / Autrice : Juliette Pochelu
Direction : Nathalie Jaeck
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Etudes anglophones
Date : Inscription en doctorat le 10/07/2023
Etablissement(s) : Bordeaux 3
Ecole(s) doctorale(s) : Montaigne-Humanités
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : Cultures et Littératures des Mondes Anglophones

Résumé

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Au cours du 19è siècle, le projet colonial britannique atteint son paroxysme avec l'exploration des régions polaires par l’Amirauté Britannique; des dizaines d'expéditions sont envoyées dans l'Arctique, afin de trouver le légendaire passage du Nord-Ouest, mais également dans l'Antarctique, afin d'en longer les côtes et d'assoir l'autorité naval de la Grande-Bretagne. Cet élan optimiste eut une influence majeure sur la culture britannique tout au long du 19è siècle, notamment sur les arts produits à cette période. L’objet de cette thèse est de définir les contours d'une littérature polaire britannique au 19è siècle, et en particulier la manière dont elle redéfinit le genre du roman d'aventure tout en s'y inscrivant. La fiction polaire exploite certains motifs classiques de ce type de littérature, tels que le naufrage, la dérive, et la rencontre avec l'Autre. Mais à l'inverse des frontières ultra-balisées de l'île déserte, celles des régions polaires liminaires s'ouvrent, s'épanchent et se métamorphosent au gré des marées, défiant toute topographie. Au siècle des redéfinitions territoriales et des tracements de frontières liés à la colonisation, les régions polaires sont perçues comme des terrains neutres à coloniser par les personnages-explorateurs, qui voien la conquête de la ligne d'horizon blanche et sans fin comme un moyen de construire une identité victorienne idéalisée, représentée par certains vétérans de l'exploration polaire comme William Edward Parry ou John Franklin. En dépit de cette interprétation des pôles comme des terrae nullius, ces régions deviennent des ''zones de contact'' où les personnages sont confrontés aux populations autochtones et à la faune polaire; ces rencontres remettent en question non seulement la stabilité identitaire des personnages, mais également la polarité manichéenne du rapport impérial. De plus, la littérature polaire bouscule les frontières littéraires formelles des récits; le Réalisme, dominant la scène littéraire du dix-neuvième siècle, est exploité et utilisé,mais il est également confronté à l'irruption du fantastique, entre apparitions de fantômes et communications télépathiques. Cette étude s'appuie sur un corpus qui nous permettra de comparer, de manière inédite, des auteurs canoniques de la littérature britannique tels que Mary Shelley, Arthur Conan Doyle ou encore Wilkie Collins, et des romanciers d’aventure moins étudiés comme R.M. Ballantyne et W.H.G. Kingston.