Développement du biocontrôle du mildiou de la vigne à l'aide de communautés microbiennes synthétiques (syncoms)
| Auteur / Autrice : | Aarti Jaswa |
| Direction : | Corinne Vacher, Guilherme Martins |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences agronomiques et forestières |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 19/06/2026 |
| Etablissement(s) : | Bordeaux |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences et Environnements (Talence, Gironde ; 1999-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : SAVE - Santé et Agroécologie du VignoblE |
| Jury : | Président / Présidente : Stéphanie Cluzet |
| Examinateurs / Examinatrices : Thibault Nidelet, Michele Perazzolli, François Delmotte, Juliana Almario, Corinne Vacher, Sophie Trouvelot, Guilherme Martins | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Thibault Nidelet, Michele Perazzolli |
Mots clés
Résumé
Le mildiou, causé par loomycète Plasmopara viticola, est lune des maladies les plus destructrices en viticulture. Le rôle des communautés microbiennes associées à la vigne dans la régulation des agents pathogènes est devenu un axe majeur de la gestion des maladies, faisant du biocontrôle microbien une stratégie prometteuse pour une viticulture durable. Les produits de biocontrôle commerciaux à souche unique présentent une efficacité variable, souvent influencée par les conditions climatiques qui peuvent affecter la colonisation et la survie des souches. Une alternative consiste à utiliser des communautés microbiennes synthétiques (SynComs). En combinant plusieurs souches de biocontrôle capables dinteragir entre elles et avec le microbiote résident, les SynComs peuvent favoriser la colonisation et la survie de linoculum, offrant une alternative aux limites des souches individuelles. Létude des SynComs permet de mieux comprendre les propriétés des communautés microbiennes responsables de lefficacité du biocontrôle, ainsi que les interactions plante-microbe et microbe-microbe. Lobjectif de cette thèse est dutiliser une approche SynCom pour mieux comprendre les interactions entre P. viticola et le microbiote foliaire, afin de concevoir des consortiums microbiens efficaces en biocontrôle. Pour cela, nous avons constitué une collection de micro-organismes foliaires de la vigne (bactéries, levures et champignons filamenteux) via une approche « culturomique » sur un milieu à base dextrait de feuilles de vigne. Nous avons ensuite conçu une SynCom inter-règnes (n = 42), représentative des communautés foliaires naturelles. La SynCom totale, ainsi que plus dune centaine de sous-ensembles dérivés de la SynCom, ont été confrontées à P. viticola sur des disques foliaires pour (i) caractériser son mode daction via lanalyse de la colonisation des feuilles, du métabolome et de lexpression des gènes de défense, et (ii) évaluer si laugmentation de la diversité taxonomique et phylogénétique des sous-ensembles de SynCom améliore la colonisation foliaire et lefficacité du biocontrôle. Des expériences en souche unique et de « drop-out » ont comparé lefficacité des membres de la SynCom seuls ou en consortium. Enfin, la SynCom totale a été appliquée en parcelles expérimentales pour tester sa capacité à coloniser les feuilles et contrôler le mildiou en conditions agricoles. Nos résultats montrent que lutilisation dun milieu de culture spécialisé à base dextrait foliaire a permis daugmenter la cultivabilité des souches fongiques. La SynCom complète a significativement réduit la sporulation du mildiou en conditions contrôlées. Nous avons détecté des métabolites secondaires produits par les souches colonisatrices, sans observer de forte stimulation ni de priming du système immunitaire de la plante, suggérant un mode daction principalement direct dinhibition de P. viticola. Nous avons identifié sept souches jouant un rôle clé au sein de la communauté, dont lexclusion entraîne la perte de la fonction de biocontrôle de la SynCom. Dans les experiences menées avec les sous-ensembles dérivés de la SynCom, une augmentation de lefficacité du biocontrôle a été observée avec laugmentation de la diversité fongique, mais pas bactérienne. Lors de lessai en parcelles expérimentales, nous avons observé que les souches fongiques colonisaient mieux les feuilles de vigne que les bactéries. Enfin, la SynCom nétait pas efficace contre le mildiou, ce qui peut être expliqué par le fait que la solution deau physiologique utilisée pour suspendre la SynCom a provoqué des brûlures foliaires et réduit la vigueur des plantes. Ce travail constitue une première étape pour orienter et améliorer, à court terme, la conception de SynComs de biocontrôle contre le mildiou de la vigne. Les connaissances acquises grâce à lutilisation de SynComs seront utiles, à long terme, pour le développement de produits de biocontrôle commerciaux multi-souches.