Thèse soutenue

Une méthodologie en évolution culturelle (SIG, biostatistiques, phylogénie et Machine Learning) : exemple d'application aux populations du passé

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Auteur / Autrice : Ameline Alcouffe
Direction : Éric Crubézy
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Anthropobiologie
Date : Soutenance le 29/09/2025
Etablissement(s) : Université de Toulouse (2023-....)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Biologie Santé Biotechnologies (Toulouse)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre d’Anthropobiologie et de Génomique de Toulouse (2009-....)
Etablissement de délivrance conjointe : Université de Toulouse (EPE ; 2025-....)
Jury : Président / Présidente : Paul Seabright
Examinateurs / Examinatrices : Jacques Chiaroni, Alexandre Riberon
Rapporteurs / Rapporteuses : Dominique Garcia, Hélène Coqueugniot

Résumé

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Depuis le système des trois âges de Thomsen, la notion d'évolution culturelle a profondément évolué. Aujourd'hui, la culture est comprise comme un phénomène dynamique, façonné par des mécanismes complexes de transmission, d'adaptation et d'interaction sociale. Si les sciences sociales, biologiques et informatiques ont récemment contribué à enrichir ces approches, notamment par l'usage de la phylogénie, des statistiques avancées ou de l'intelligence artificielle, ces outils sont encore rarement mobilisés dans l'analyse des ensembles funéraires archéologiques.Cette thèse propose une approche interdisciplinaire innovante pour étudier les processus de transmission culturelle à partir des pratiques funéraires. Les sépultures, en tant que témoins biologiques, matériels, symboliques et sociaux, offrent un accès unique à la culture des sociétés passées. L'objectif est de restituer les dynamiques culturelles à l'échelle de quelques générations en croisant des données culturelles (mobilier, architecture, rites), biologiques (profils ostéologiques, génétiques) et environnementales (isotopes).Pour ce faire, une méthodologie rigoureuse et accessible est développée, articulée en trois temps : une phase descriptive (analyses géospatiales, statistiques), une phase d'analyse phylogénétique et statistique (pour cerner les motifs culturels et leur dynamique évolutive), et une phase interprétative mobilisant des algorithmes d'apprentissage automatique. Cette dernière permet de révéler des structures sous-jacentes non perceptibles par les approches traditionnelles.Trois corpus archéologiques contrastés ont été sélectionnés pour tester cette approche : la nécropole Xiongnu de Tamir (Mongolie), riche en mobilier mais partiellement pillée ; la nécropole prédynastique d'Adaïma (Égypte), avec de nombreux immatures bien conservés et beaucoup de mobilier ; et des sites néolithiques européens partageant une pratique rituelle spécifique, malgré des conditions de conservation variables. Ces choix permettent d'évaluer la transférabilité de la méthodologie sur des contextes divers.En complément, cette thèse propose un outil applicatif inédit, IArch, une interface intuitive permettant aux archéologues d'exploiter des algorithmes de machine learning sans compétences techniques particulières. Ce logiciel vise à démocratiser l'accès à ces outils dans le cadre de l'étude des pratiques funéraires.Ce travail s'inscrit dans une dynamique résolument interdisciplinaire, croisant archéologie, anthropologie biologique, biologie évolutive, statistiques et informatique. Il contribue à renouveler les approches de l'évolution culturelle des sociétés anciennes en posant les bases d'une méthode reproductible, adaptable et compréhensible par tous. En dépassant les cloisonnements disciplinaires, il invite à considérer les sépultures comme des révélateurs de la complexité culturelle humaine, plutôt que comme de simples vestiges matériels.