Thèse en cours

contribution du déplacement et des décisions individuelles à la dynamique de populations spatio-temporellement structurées

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AttentionLa soutenance a eu lieu le 01/12/2025. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Killian Gregory
Direction : Pierre-André CrochetAurélien Besnard
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : EERGP-Biologie et Ecologie Evolutives
Date : Inscription en doctorat le
Soutenance le 01/12/2025
Etablissement(s) : Université de Montpellier (2022-....)
Ecole(s) doctorale(s) : Biodiversité, Agriculture, Alimentation, Environnement, Terre, Eau
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : CEFE - Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive
Jury : Président / Présidente : Ophélie Ronce
Examinateurs / Examinatrices : Pierre-André Crochet, Blandine Doligez, Aurélien Besnard, Ana Sanz aguilar, Michael Schaub
Rapporteurs / Rapporteuses : Blandine Doligez, Ana Sanz aguilar

Résumé

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Le déplacement, en permettant aux individus d’utiliser l’espace et en influençant leurs performances démographiques, est un déterminant majeur de la dynamique des populations. Il façonne leur distribution spatiale et temporelle, modifie la dynamique locale et connecte les populations dans l’espace et le temps. Ces connexions forment des populations spatio-temporellement structurées, où la dynamique locale des sous-populations est influencée par les autres sous-populations. Si l’importance théorique du déplacement est reconnue, notamment pour comprendre les réponses aux changements globaux, les liens entre déplacements et dynamique démographique restent difficiles à caractériser dans les systèmes empiriques. De plus, ces liens ont été surtout étudiés pour un type de déplacement, la dispersion, avec des représentations simplifiées en flux d’individus négligeant souvent les mécanismes comportementaux sous-jacents. À travers deux cas d’études, l’objectif de cette thèse est de contribuer à comprendre comment le déplacement relie la dynamique de plusieurs sous-populations dans l’espace et le temps, dans des systèmes empiriques. Le premier cas porte sur la migration saisonnière qui relie populations reproductrices et non reproductrices. Ces liens, appelés connectivité migratoire, sont essentiels pour comprendre comment des évènements localisés influencent la dynamique en d’autres étapes du cycle migratoire. Cependant, des outils manquent pour étudier simultanément la connectivité migratoire et la dynamique démographique, limitant la compréhension de l’interdépendance entre flux migratoires et dynamique des populations. Après avoir synthétisé les méthodes d’étude de la connectivité migratoire, avec un accent sur la combinaison de différentes sources de données, nous avons développé un modèle de connectivité et de population intégré. Ce modèle tire davantage d’information des données de déplacement et démographiques et intègre la variabilité des survies dans les différentes zones migratoires à l’étude de la dynamique des populations. Il fournit aussi un cadre initial pour étudier empiriquement l’interaction entre connectivité et processus démographiques. Le second cas porte sur la dispersion au sein de populations spatialement structurées. L’utilisation d’informations environnementales dans les décisions de dispersion, i.e. la dispersion informée, permet aux individus de s’installer sur des sites favorables. Elle peut influencer la dynamique de la population en modifiant les interactions entre sous-populations, selon les échelles de collecte et d’utilisation d’information. Cependant, ces mécanismes sont rarement pris en compte dans les études de dynamique des populations. Ici, nous avons examiné le rôle de la dispersion informée dans une population d’un oiseau colonial, la mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus). Nous avons confirmé l’existence de déplacements de prospection tout au long de la reproduction, permettant la collecte d’information sociale et conditionnant les déplacements ultérieurs dont la dispersion. Nous avons ensuite montré que la dynamique des colonies reflète directement l’utilisation d’information sociale à différentes échelles lors de la dispersion. Enfin, nous avons établi un lien entre la réponse à des perturbations environnementales et l’utilisation d’information sociale dans la dispersion. La population résiste aux perturbations affectant une petite fraction d’individus, mais est apparue sensible à la perturbation de la colonie principale, qui a entraîné un changement dans le régime de dispersion. Ces travaux soulignent l’importance de considérer le déplacement et ses mécanismes pour comprendre la dynamique des populations spatio-temporellement structurées et leur réponse aux changements environnementaux. L’étude des liens entre déplacement et démographie soulève de nombreuses questions méthodologiques, mais bénéficiera de notre capacité croissante à collecter des données de déplacement à grande échelle.