Thèse en cours

L'appréhension pénale des affaires non élucidées

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Auteur / Autrice : Romane Begue
Direction : Audrey Darsonville
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Droit privé et sciences criminelles
Date : Inscription en doctorat le 18/11/2022
Etablissement(s) : Paris 10
Ecole(s) doctorale(s) : École Doctorale Droit et Science Politique
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de Droit Pénal et de Criminologie

Résumé

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Les affaires non élucidées ne connaissent pas de définition juridique clairement établie ; son appréhension pénale en est rendue délicate. Au travers de la loi pour la confiance dans l'institution judiciaire, le législateur s'est efforcé de délimiter cette notion dans le code de procédure pénale. Cependant, il s'est limité à l'expression des conditions cumulatives pour organiser le champ d'application du pôle judiciaire dédié aux crimes sériels ou non élucidés de Nanterre. Le traitement judiciaire réservé aux affaires non élucidées y est alors rendu aléatoire. En outre, d'autres interrogations résident dans le traitement global de ce concept obscur de « cold cases » particulièrement dans le caractère bloquant du droit dans la résolution de ces affaires. Il peut être fait référence au délai de dix-huit mois conditionnant la saisine du pôle de Nanterre conduisant nécessairement à un travail de filtrage en amont. De plus, l'anonymisation automatique des faits non élucidés dans les fichiers des traitements des antécédents judiciaires une fois un délais de quinze ans passé rend difficile l'identification d'une sérialité ainsi que la construction d'un parcours criminel. Enfin, l'inadaptation des délais légaux de conservation des fichiers est à souligner. Un droit à l'oubli est consacré par le code de procédure pénale là où en même temps la société ne cesse de solliciter une tenue de mémoire destinée aux victimes : le devoir de se souvenir. Ce paradoxe vient confronter la mise en pratique de cette recherche de vérité. L'ambition de cette thèse réside dans la recherche d'une amélioration du traitement judiciaire des cold cases tant par l'adaptation de dispositifs éprouvés que par la construction de nouveaux instruments de lutte contre la non résolution d'affaires complexes.