circulation et diversité génétique des coronavirus au sein de populations de chauves-souris du sud-est de la france.
| Auteur / Autrice : | Océane Rieu |
| Direction : | Eric Leroy, Frédéric Thomas |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Biologie Santé |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 02/12/2025 |
| Etablissement(s) : | Université de Montpellier (2022-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Sciences Chimiques et Biologiques pour la Santé |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : MIVEGEC - Maladies Infectieuses et Vecteurs : Ecologie, Génétique, Evolution et Contrôle |
| Equipe de recherche : Processus Ecologiques et Evolutifs au sein des Communautés (PEEC) | |
| Jury : | Président / Présidente : Nathalie Chazal |
| Examinateurs / Examinatrices : Nathalie Charbonnel, Noël Tordo, Michel Gauthier-clerc, Audrey Arnal, Bernard Davoust | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Noël Tordo, Michel Gauthier-clerc |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Les zoonoses virales émergentes concernent aussi les milieux tempérés, où se mélangent faune sauvage, élevage et activité humaine. Cette thèse, menée dans le Sud-Est de la France, décrit la diversité et la circulation des coronavirus chez les chauves-souris, met en évidence la présence d'un virus nécessitant un suivi ciblé, et propose des pistes concrètes de prévention dans une approche One Health. Létude sappuie sur 785 échantillons de guano collectés entre 2022 et 2023 à l'aide de méthodes non invasives, principalement dans des colonies installées à proximité des habitations. Le dépistage par PCR semi-nichée (gène RdRp) met en évidence 19,6 % déchantillons positifs (154/785), avec une forte variation selon les sites et les genres taxonomiques. Les analyses phylogénétiques montrent plusieurs sous-genres dAlphacoronavirus, notamment chez les chauves-souris des genres Pipistrellus et Myotis, sans toutefois détecter la présence de séquences proches de virus humains connus. Ces résultats indiquent une diversité locale élevée et des prévalences parmi les plus fortes connues en Europe. Un suivi d'un an et demi en Camargue a permis didentifier un virus du sous-genre Merbecovirus (contenant le virus très pathogène MERS-CoV) du genre Betacoronavirus, chez lespèce Pipistrellus pipistrellus, pour lequel nous avons obtenu la séquence complète du génome. Les analyses phylogénétiques placent cette séquence proche des Merbecovirus européens déjà décrits chez d'autres espèces de pipistrelles, utilisant de surcroît le récepteur ACE2. Ce résultat nest pas une preuve dinfectiosité humaine, mais il justifie des essais fonctionnels, comme des tests de fusion, et un renforcement de la surveillance avec le développement dune qPCR spécifique et la mise en place de collecte de nouveaux échantillons deux fois par an. À notre connaissance, il sagit de la première détection en France dun Merbecovirus. Nous avons mené une consultation d'experts de différents domaines qui mettent en avant des besoins clairs pour prévenir et anticiper les prochaines épidémies. Parmi ces propositions figurent la nécessité de : mettre en place une surveillance intégrée (à plusieurs espèces et plusieurs échelles) appuyée sur des protocoles communs ; encourager le partage des données ; assurer des financements durables pour léchantillonnage, lanalyse et la formation ; définir les responsabilités entre environnement, agriculture, santé et collectivités pour éviter les zones grises réglementaires. Ces points sont en phase avec les réalités de terrain observées en Camargue. La Camargue constitue un terrain pertinent pour documenter les risques zoonotiques liés aux coronavirus de chauves-souris dans un contexte tempéré, grâce à la richesse des données accumulées suite aux programmes de suivi écologiques de longue durée et à la diversité de ses interfaces entre faune sauvage, activités agricoles et zones habitées. Cette thèse décrit donc une diversité importante dAlphacoronavirus chez les chauves-souris en Camargue et en Provence, rapporte la présence d'un Merbecovirus chez Pipistrellus proche de virus utilisant le récepteur ACE2, et propose une feuille de route pour consolider la surveillance One Health.