Thèse en cours

Risques infectieux des nouvelles thérapies immunomodulatrices dans les maladies inflammatoires immunomédiées : une cohorte nationale utilisant les données du Système National des Données de Santé.

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AttentionLa soutenance a eu lieu le 19/12/2025. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Mounya Abboud
Direction : Emilie SbidianMahmoud Zureik
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Epidémiologie
Date : Inscription en doctorat le
Soutenance le 19/12/2025
Etablissement(s) : Paris 12
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Santé Publique
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Epidemiology in Dermatology and Evaluation of therapeutics
Jury : Président / Présidente : Lamiae Grimaldi
Examinateurs / Examinatrices : Emilie Sbidian, Anna Molto, Julien Bezin, Mahmoud Zureik, Julien Kirchgesner
Rapporteurs / Rapporteuses : Anna Molto, Julien Bezin

Résumé

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Contexte : Les maladies inflammatoires chroniques immunomédiées, telles que le psoriasis, le rhumatisme psoriasique, les spondyloarthrites, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et la polyarthrite rhumatoïde, sont des affections chroniques responsables d’une morbidité importante et de coûts de santé élevés. La mise à disposition, au cours des deux dernières décennies, de biothérapies et de traitements ciblés synthétiques a profondément transformé leur prise en charge, tout en soulevant des préoccupations concernant le risque de survenu d’évènements infectieuses, en particulier les infections sévères nécessitant une hospitalisation ou les réactivations virales telles que le zona. Si certaines cohortes et registres spécifiques ont apporté des réponses partielles sur l’une ou l’autre maladies, les données exhaustives, contemporaines et couvrant l’ensemble des maladies inflammatoires chroniques immunomédiées et des traitements disponibles restent limitées. Cette thèse visait à : (1) décrire, au niveau national, les caractéristiques, comorbidités et trajectoires thérapeutiques des patients atteints de maladies inflammatoires chroniques immunomédiées initiant un traitement ciblé; (2) développer et valider un modèle prédictif du risque d’infections sévères chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde initiant un traitement ciblé; et (3) évaluer le risque de zona selon les classes thérapeutiques et les différentes maladies, afin d’éclairer les stratégies de prévention. Méthodes : Trois études complémentaires ont été menées à partir du Système National des Données de Santé (SNDS), qui couvre la quasi-totalité de la population française. La première étude a constitué une cohorte nationale de patients initiant un traitement ciblé entre 2010 et 2023 et a décrit leurs caractéristiques démographiques, comorbidités et séquences thérapeutiques. La deuxième a développé un modèle de Cox pénalisé (LASSO) pour prédire le risque d’infections sévères dans la polyarthrite rhumatoïde, validé par bootstrap et sur une cohorte indépendante. La troisième a utilisé une pondération par l’inverse du score de propension multinomial (IPTW) pour comparer le risque de zona entre classes thérapeutiques. Résultats : La cohorte nationale comprenait plus de 377,000 patients atteints de maladies inflammatoires chroniques immunomédiées, révélant des différences de stratégies thérapeutiques. Chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (~ 98,000), le modèle prédictif a atteint un C-index de ~0,71 sur les cohortes de développement et de validation, avec une bonne calibration jusqu’à 24 mois. L’âge, l’exposition aux corticoïdes, les antécédents d’infection et plusieurs comorbidités (diabète, pathologies pulmonaires, cancers, malnutrition) constituaient des facteurs de risque majeurs. Dans l’analyse du zona portant sur plus de 350,000 patients, les risques variaient selon les classes : les inhibiteurs de JAK et les anti-CD20 étaient associés aux risques les plus élevés (HR > 2 par rapport aux anti-TNF), tandis que les inhibiteurs de l’intégrine α4β7 (rectocolite hémorragique) et les inhibiteurs d’IL-12/23 ou d’IL-23 étaient associés à un risque réduit. Conclusions : Cette thèse constitue l’une des évaluations les plus exhaustives, à l’échelle nationale, des risques infectieux associés aux thérapies ciblées dans les maladies inflammatoires chroniques immunomédiées. Elle combine épidémiologie descriptive, modélisation prédictive et analyses comparatives pour produire des résultats directement utiles à la pratique clinique. Les résultats mettent en évidence les principaux facteurs liés aux patients et aux traitements associés au risque d’infection, soutiennent la vaccination systématique contre le zona chez les patients à haut risque et montrent le potentiel des données de santé nationales pour la recherche pharmaco-épidémiologique.