La société contre la friche ? Abandons et remises en culture de terres agricoles : etude d'anthropologie environnementale
| Auteur / Autrice : | Amelia Veitch |
| Direction : | Birgit Müller, Mark Goodale |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Anthropologie sociale et ethnologie |
| Date : | Inscription en doctorat le 26/10/2022 |
| Etablissement(s) : | Paris, EHESS en cotutelle avec UNIL - Université de Lausanne (Suisse) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Les initiatives de « reconquête de friches » se multiplient en France. A partir de recensements des surfaces agricoles enfrichées sur un territoire donné, des projets sont imaginés et mis en œuvre par une diversité d’acteurs pour retrouver les usages de ces espaces. Concernée par un enfrichement important de sa zone littorale, une commune du Finistère a activé un article du Code rural obligeant des centaines de propriétaires à remettre en culture leurs 1251 parcelles cadastrales abandonnées, permettant à des exploitations de s’y installer en agriculture biologique. Une tentative de relocalisation alimentaire inédite et médiatisée, concentrant des espoirs multiples, mais aussi localement contestée. Conjuguant l’anthropologie environnementale avec le champ interdisciplinaire des études multi-espèces, cette thèse examinera le mouvement contemporain de remise en culture de « friches ». Elle s’appuiera sur trois terrains d’enquête ethnographiques complémentaires : le principal est le projet de mené en Finistère. Le second se déploie auprès d’un réseau d’agriculteurs exploitant des végétations dites « semi-naturelles ». Le troisième est l’espace de gouvernance où des acteurs institutionnels dominants et émergents négocient les conditions de possibilité et la reproductibilité d’une telle expérience. Dans une région marquée par l’agriculture intensive et la dégradation des milieux marins et littoraux, les « friches » littorales deviennent un enjeu politique et symbolique primordial. Cette recherche propose une lecture polyphonique de ces espaces qui mettent à l’épreuve des tentatives d’articulation entre littoralité, naturalité et relocalisation de la production alimentaire, à l’aune d’un questionnement sur la légitimité des interventions humaines sur l’environnement.