Les mécanismes moléculaires impliqués dans la biominéralisation des Thermococcales
Auteur / Autrice : | Tom Mariotte |
Direction : | Jacques Oberto, Aurore Gorlas |
Type : | Thèse de doctorat |
Discipline(s) : | Microbiologie |
Date : | Soutenance le 04/12/2024 |
Etablissement(s) : | université Paris-Saclay |
Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Structure et Dynamique des Systèmes Vivants |
Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut de biologie intégrative de la cellule (Gif-Sur-Yvette, Essonne ; 2015-....) |
Référent : Faculté des sciences d'Orsay | |
graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Life Sciences and Health (2020-....) | |
Jury : | Président / Présidente : Olga Soutourina |
Examinateurs / Examinatrices : Karine Alain, Alexandre Gelabert, Anne Godfroy, Soufian Ouchane, Anaïs Cario | |
Rapporteurs / Rapporteuses : Karine Alain, Alexandre Gelabert |
Mots clés
Résumé
Les Thermococcales sont des archées réductrices de soufre composant une partie majeure de la biodiversité des parties les plus chaudes des cheminées hydrothermales appelés “fumeurs noirs”. Cet environnement extrême est caractérisé par de forts gradients physicochimiques et principalement composé de minéraux de sulfures de fer tels que la pyrite (FeS₂). Un possible mécanisme d'adaptation à ces conditions extrêmes serait la minéralisation de sulfures de fer biologiquement induite par les Thermococcales. Cette biominéralisation permettrait de détoxifier les fortes concentrations de fer émanant des fumeurs noirs. Ma thèse a pour objectif de comprendre le rôle de la biominéralisation dans un environnement hautement minéralisation, et d'approfondir notre compréhension de ses mécanismes moléculaires. Je propose un modèle impliquant la minéralisation d'une part de la population cellulaire au profit des survivantes, protégées des flux hydrothermaux toxiques. Pour confirmer cette hypothèse, mes résultats montrent que les Thermococcales induisent une précipitation plus rapide du fer dissous par rapport aux conditions abiotiques. Tandis qu'une partie de la population minéralise en pyrite, les survivantes montrent un profil transcriptomique orienté vers la réparation de l'ADN et la détoxification de métaux lourds. Je détermine plus précisément le rôle des cellules minéralisées dans ce système putatif, en suggérant que la biominéralisation permet aux Thermococcales d'endurer des hautes concentrations en fer par son immobilisation. Les cellules survivantes profitent ainsi du sacrifice d'une sous-population, et font alors face à des concentrations en fer dissous moins élevées. Le fer résiduel peut alors être détoxifié par des mécanismes plus classiques, encodés génétiquement. En parallèle de l'identification des phases minérales, l'état métabolique des cellules est suivi durant les expériences de biominéralisation. Ces expériences ont permis de montrer que la lyse massive observée à 5mM ne se manifeste pas à 1mM de FeSO₄. Grâce à différentes techniques d'imagerie, il a été possible de mettre en évidence les dommages mécaniques provoqués par le fer sous forme de nanoparticules, développant notre connaissance sur les mécanismes de toxicité du fer.