PANSER ET (RE)PENSER LE ''BOULOT SALE'' : CONSTRUCTION ET PERCEPTION DU TRAVAIL PORTEUR DE SENS PAR LES TRAVAILLEURS DES DECHETS
| Auteur / Autrice : | Houyam Boudaouine |
| Direction : | Anne Loubes |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences de gestion et du management |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2022 |
| Etablissement(s) : | Université de Montpellier (2022-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Economie Gestion de Montpellier |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : MRM - Montpellier Recherche en Management |
Mots clés
Résumé
La perte/quête de sens au travail est un sujet d'actualité, transverse aux métiers, secteurs d'activités et environnements de travail. Certains auteurs considèrent le sens au travail comme un besoin humain fondamental (e.g., Yeoman, 2014). D'ailleurs, des risques psycho-sociaux inédits associés à la perte de sens au travail sont recensés depuis la crise sanitaire et coïncident avec de nouveaux comportements sur le marché du travail et dans les organisations qui sont, elles-mêmes en mutation constante (Gomez, 2019 ; Supiot, 2019). La perte ou l'absence de sens au travail apparaît comme un facteur de souffrance psychique émergent dans la littérature (Mieg, 2019) et dans les statistiques nationales récentes. A l'inverse, la perception de sens au travail a des effets bénéfiques sur les individus (et par voie de conséquence sur les organisations), notamment en termes de bien-être (Littmann-Ovadia et Steger, 2010 ; Pollet et Schnell, 2016), de réduction du stress et de la dépression (Daniel, 2015), de satisfaction au travail (Duffy et al., 2013), ainsi que d'engagement professionnel et personnel (Fletcher et al., 2018 ; Johnson & Jiang, 2017). Ainsi, la question du sens au travail est au cur des préoccupations managériales (Gomez, 2019 ; Supiot, 2019) mais également des débats politiques (Coutrot et Perez, 2021). Cependant, en gestion des ressources humaines, il s'agit de souligner le manque de recherches sur le sens au travail, en ce qui concerne les métiers peu qualifiés (Chalofsky, 2003 ; Cullen, 2013) qui, même s'ils revêtent une forte utilité sociétale, sont parfois désignés comme de « sales boulots ». Si certains de ces emplois ont déjà fait l'objet d'études pluridisciplinaires (e.g., personnels soignants, Commeiras et al., 2022 ; aides à domicile, Guerrero et al., 2020 ; éboueurs, Bouville et al., 2022), des réflexions restent à mener pour enrichir ces contributions, notamment en termes de recommandations managériales. En effet, au-delà des enjeux de GRH spécifiques à la gestion des emplois peu qualifiés et peu valorisés socialement (formation, gestion de la carrière et de l'employabilité, GEPP), il est crucial d'équiper les gestionnaires de recommandations qui tiennent compte des caractéristiques du sens du/au travail importantes pour les personnes exerçant ces métiers. Cette thèse s'interresse au cas des éboueurs.