Contribution des innovations agroécologiques à l'amélioration durable de la fertilité des sols dans les zones cotonnières du Bénin.
| Auteur / Autrice : | Gbonoumi Ines Anita Dossouhoui |
| Direction : | Pablo Tittonell, Rodrigue V. Cao Diogo |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | EFSA-Ecologie fonctionnelle et Ecophysiologie |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 08/12/2025 |
| Etablissement(s) : | Institut Agro |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Biodiversité, Agriculture, Alimentation, Environnement, Terre, Eau |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : AIDA-Agroécologie et intensification durable des cultures annuelles |
| Equipe de recherche : TAPAGE | |
| École d'inscription : L'Institut Agro Montpellier (2020-....) | |
| Jury : | Président / Présidente : Edward Gerardeaux |
| Examinateurs / Examinatrices : Pablo Tittonell, Chantal Loyce, Santiago Lopez-ridaura, Nadine Andrieu, Inès Shili-touzi | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Chantal Loyce, Santiago Lopez-ridaura |
Mots clés
Résumé
La gestion durable de la fertilité des sols est un défi majeur pour les systèmes cotonniers au Bénin, où la baisse de fertilité compromet la productivité agricole, les moyens de subsistance et la durabilité des systèmes ruraux. Cette thèse a exploré le potentiel des pratiques agroécologiques et des approches participatives pour répondre à cette problématique, de léchelle de la parcelle à celle du paysage, en combinant suivi biophysique, bilans de nutriments, analyse typologique des exploitations et jeux sérieux pour la concertation entre acteurs. La recherche a été conduite entre 2021 et 2024 dans les zones cotonnières de Kandi, Pehunco et Savalou selon une approche multi-sites et multi-niveaux. Une phase de diagnostic a montré que les producteurs perçoivent la baisse de fertilité comme une contrainte majeure, liée à lexportation des résidus, aux faibles apports organiques et à la concurrence accrue entre cultures et élevage (Chapitre 2). Lévaluation menée sur 40 exploitations a révélé des indicateurs de fertilité et des rendements généralement faibles à très faibles, malgré laccès annuel aux engrais minéraux via les contrats coton (Chapitre 3). Les bilans NUTMON ont confirmé des bilans négatifs en N, P et K, traduisant le caractère extractif des systèmes conventionnels (Chapitre 4). Lanalyse typologique a mis en évidence la diversité des exploitations, de leurs pratiques et de leurs capacités à adopter des innovations (Chapitre 3). Cette hétérogénéité limite lefficacité des recommandations uniformes et plaide pour des trajectoires techniques adaptées à chaque type. Des essais en station et en milieu paysan ont comparé le labour conventionnel (CT) à trois systèmes alternatifs : semis sur résidus, semis sous couvert végétale et parcage rotatif (Chapitre 4). Le semis sous couvert végétal et le parcage rotatif ont amélioré les bilans nutritifs et les rendements au fil du temps après de légères pénalités initiales, tandis que le semis sous résidus présentait des performances variables selon le contexte. Ces résultats montrent que les pratiques agroécologiques peuvent inverser les tendances dappauvrissement et améliorer la fertilité, à condition de mettre en place des arrangements collectifs pour gérer les interactions cultures-élevage. Un jeu sérieux a ensuite été développé et joué avec agriculteurs et éleveurs (Chapitre 5). Il a favorisé le dialogue, rendu visibles les arbitrages autour des résidus et du fumier, et facilité la négociation daccords collectifs. Il a mis en évidence à la fois tensions et opportunités de coopération, soulignant le rôle central des arrangements sociaux dans les transitions agroécologiques. La discussion générale (Chapitre 6) souligne la nécessité dapproches intégrées combinant suivi biophysique, méthodes participatives et outils de modélisation pour traiter la complexité des dynamiques de fertilité. Les pratiques agroécologiques offrent des perspectives crédibles pour restaurer les bilans et renforcer la résilience, mais leur réussite dépend de limplication des acteurs, dun appui institutionnel et dun suivi à long terme. Pour la recherche et laction futures, nous recommandons : (i) dintégrer systématiquement des approches participatives (jeux sérieux, co-conception) ; (ii) de les coupler à un suivi biophysique de long terme ; (iii) dutiliser des modèles de simulation complémentaires ; (iv) de promouvoir des politiques favorables à la gestion collective ; et (v) dadapter la promotion des pratiques aux contextes locaux. Cette thèse montre quassocier pratiques agroécologiques, participation et modélisation constitue une voie prometteuse pour une gestion durable de la fertilité des sols dans les systèmes cotonniers. En articulant dimensions sociales et biophysiques, elle contribue à concevoir des trajectoires localement pertinentes pour des systèmes agricoles plus résilients face aux pressions démographiques et climatiques croissantes.