Historiciser la démocratie radicale : une étude des héritages jacobins dans le marxisme
| Auteur / Autrice : | Guilhem Mevel |
| Direction : | Gil Delannoi, Stéphanie Roza |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Science politique |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2022 |
| Etablissement(s) : | Paris, Institut d'études politiques |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École de la recherche de Sciences Po (Paris ; 1995-....) |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Alors que les théories de la démocratie radicale tendent avec Chantal Mouffe à assimiler marxisme et ''jacobinisme'', dénonçant leur substitutisme, leur centralisme ou encore leur caractérisation téléologique du schéma révolutionnaire, les réceptions de la phase la plus radicale de la Révolution française dans la théorie marxiste sont particulièrement hétérogènes. Tantôt célébré comme modèle de fondation d'un nouvel État, de capacité de mobilisation des masses, tantôt décrié comme vaine illusion et esprit anachronique accouchant malgré lui de la société bourgeoise moderne, le précédent jacobin hante la pensée politique marxiste. Afin d'éclairer le rapport entre émancipation politique et émancipation humaine, cette thèse se propose de rendre compte de l'héritage des différentes dimensions du jacobinisme dans la théorie marxiste. Ainsi, malgré la critique idéologique des Jacobins dans les textes du jeune Marx, la stratégie de révolution permanente suivie par Marx et Engels s'inspire à plusieurs égards de la Révolution française. Or, l'échec du mouvement révolutionnaire provoque chez Marx une auto-critique de son rapport au jacobinisme, incarnée par le Dix-huit brumaire, menant à la naissance d'une conception hégémonique du politique, développée plus tard par Vladimir Lénine et Antonio Gramsci. Dans un deuxième temps, à partir de la comparaison entre le dernier Engels, Lénine et Jaurès, il s'agit alors de mettre à l'épreuve sur cette base les relectures marxistes du jacobinisme, déterminant une conception des rapports entre républicanisme et communisme, selon trois matrices différentes : accomplissement, intégration ou accumulation.