Répertoire technique de la gravure et sculpture gravettiennes : l'exemple de Laussel dans la vallée de la Grande Beune (Dordogne, France)
| Auteur / Autrice : | Émilie Brochard |
| Direction : | Francesco D'Errico, Luc Doyon |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Préhistoire |
| Date : | Inscription en doctorat le 29/09/2022 |
| Etablissement(s) : | Bordeaux |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences et Environnements |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : De la Préhistoire à l'Actuel : Culture, Environnement, Anthropologie |
| Equipe de recherche : SYMBOL - Archéologie des symboles |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
L'art paléolithique, qu'il soit pariétal, rupestre ou mobilier, a longtemps été étudié par le prisme de la stylistique. L'étude technologique de la production graphique et plastique, considérant les supports et les techniques d'exécution, n'a en effet été intégrée que progressivement (Lorblanchet, 1973 ; Delluc et Delluc, 1981, 1983 ; Garcia, 1989 ; Delporte, 1990) et s'est particulièrement intéressée aux pièces mobilières (e.g. d'Errico, 1994 ; Fritz, 1999 ; Dupuy, 2007 ; Mélard, 2008 ; Rivero, 2015 ; Rivero et Garate, 2020). Or, rares sont les études où les représentations graphiques et les techniques employées pour les exécuter sont abordées conjointement pour mieux questionner les implications socio-culturelles de ces manifestations (Rivero, 2011, 2014, 2018, 2021 ; Guy, 2017). Le projet de thèse vise à combler cette lacune en développant une approche méthodologique originale, permettant de décrire plus finement la technologie à l'origine des productions artistiques sculptées, et en l'appliquant à un cas archéologique concret. L'abri de Laussel, dans la vallée de la Grande Beune (Dordogne), présente plusieurs bas-reliefs attribués au Gravettien, dont la célèbre Vénus à la corne. Ces sculptures illustrent un large corpus technique : piquage, raclage, incision, polissage, application de pigments (Delluc et Delluc, 1991 ; Roussot, 2000). Malgré leur caractère iconique, ces blocs gravés et sculptés ne disposent pas d'une étude approfondie récente. L'étude technologique proposée ici vise à retracer les différentes étapes de la chaîne opératoire de réalisation de ces uvres. Elle s'appuie pour cela sur des développements méthodologiques qui combinent documentation photographique et microphotographique, reconstitutions 3D (acquis dans le cadre du projet ERC Synergy QUANTA), référentiel expérimental et analyses qualitatives (observations à l'il nu) et quantitatives (analyse des profils des gravures et de la rugosité de surface). Par ailleurs, les incisions présentes sur l'objet que tient la Vénus à la corne ont donné lieu à de multiples interprétations (e.g. Marshack, 1964 ; Duhard, 1988) qui méritent d'être réexaminées. L'approche technique permettra d'apporter de nouveaux éléments sur leur réalisation et de réinterroger les hypothèses précédemment émises. Enfin, si l'étude s'intéresse aux instruments et aux gestes employés, les compétences spécialisées des artistes et leur niveau de savoir-faire (Fritz, 1999 ; Fritz et al., 2015 ; Rivero, 2015, 2016 ; Rivero et Garate, 2020) pourront également être abordés. En réintégrant les pratiques artistiques dans des systèmes techno-économiques plus larges, la thèse souhaite dépasser les seules interprétations symboliques et contribuer à une reconstruction plus holistique des modes de vie passés, où l'art n'est pas isolé mais s'inscrit dans l'organisation sociale et technologique des groupes humains préhistoriques.