Thèse en cours

Les consuls d'Alep, les « communautés levantines » et la fabrique de la société ottomane au XVIIIe siècle.

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Auteur / Autrice : Paul Duvivier
Direction : Isabelle Poutrin
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Histoire et civilisation
Date : Inscription en doctorat le 01/09/2022
Etablissement(s) : Reims
Ecole(s) doctorale(s) : Ecole doctorale Sciences de l'homme et de la société
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre d'Etude et de Recherche en HIstoire Culturelle

Résumé

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Le présent projet, qui ne nécessite pas de séjour en Syrie puisqu'il se fonde sur des archives conservées en France (Paris, Nantes et Marseille) et en Europe (Venise, Rome, Londres), entend renouer avec l'historiographie de la ville à l'époque ottomane, en étudiant un sujet central pour l'histoire de la vie urbaine à l'époque ottomane, ses consulats européens en activité au cours d'un long XVIIIe siècle, dans leurs fonctions et leurs rapports à la société ottomane locale et régionale. Cette thèse s'appuiera sur deux riches historiographies. L'intérêt pour Alep à l'époque ottomane date déjà d'un demi-siècle et l'histoire de la société urbaine a profité des archives locales, en particulier des registres du tribunal du Qadi; (juge islamique local). Quant à l'historiographie des consulats, elle est beaucoup plus récente et particulièrement avancée en France. Loin d'être seulement une petite main de la diplomatie, le consul exerce des missions très diverses, notamment à partir de la deuxième moitié du XVIIe siècle, lorsque Colbert redéfinit la fonction des consuls de France. L'hypothèse de départ de la thèse est que les consuls des puissances occidentales en poste à Alep, et notamment le consul de France, deviennent les agents de la politique de pénétration des grands États européens dans l'Empire ottoman. Alep est alors la troisième ville de l'Empire ottoman et, au cœur des voies de communication entre Méditerranée et Mésopotamie, une cité au commerce particulièrement dynamique. Ses postes consulaires ont produit de riches archives : pourtant celles-ci n'ont été étudiées que de manière très fragmentaire, et surtout sans que la trajectoire des différents consulats (et donc la documentation que chacun a pu produire) soit jamais mise en regard. Elles méritent d'être examinées en profondeur, à partir des problématiques sur les mobilités et les agents diplomatiques qui ont fait l'objet de renouvellements significatifs au cours de la dernière décennie. Le consulat français ne sera pas isolé des autres consulats européens d'Alep (en particulier vénitien, anglais et hollandais) ni de ses homologues du Proche-Orient (notamment aux postes de Sidon et Tripoli). Le doctorant partira de l'échelle la plus fine, celle de la maison consulaire et des différents agents qui l'habitent. L'enquête conduira aussi aux « protégés » : les marchands, les missionnaires, les membres des minorités religieuses titulaires du berat (titre de protection consulaire). Figure polyédrique, le consul est ainsi au cœur de cette société « levantine » - un adjectif aussi complexe qu'ambigu. Il s'agit de « déplier » la société à partir des relations sociales des consuls.