Diriger une administration centrale. Prosopographie de lencadrement dirigeant de lEtat en France (1990-2025)
| Auteur / Autrice : | Nicolas Bina |
| Direction : | Cécile Vigour |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Science politique |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 14/11/2025 |
| Etablissement(s) : | Bordeaux |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Sociétés, Politique, Santé Publique |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre Emile Durkheim |
| Jury : | Président / Présidente : Jean-Michel Eymeri-douzans |
| Examinateurs / Examinatrices : Cécile Vigour, Delphine Dulong, François-Xavier Dudouet, Camille Bedock, Natacha Gally, Sarah Kolopp | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Delphine Dulong, François-Xavier Dudouet |
Mots clés
Résumé
A la charnière des ministres, des cabinets et des administrations qu'ils et elles dirigent, les directrices et directeurs d'administrations centrales occupent des fonctions méconnues de lencadrement de l'Etat en France. A la croisée des travaux sur les institutions et lEtat, les élites et le genre, cette recherche éclaire la fonction, la socialisation, les parcours et les pratiques de ces personnes nommées en Conseil des ministres. En prenant l'acte de nomination dans ces fonctions comme point de départ d'une étude longitudinale des carrières, cette thèse analyse les trajectoires et les caractéristiques socioprofessionnelles de toutes les personnes nommées à ces postes entre le 1er janvier 1990 et le 1er janvier 2025 (n = 1 446), sur lensemble des ministères. Basée sur un dispositif d'enquête par méthodes mixtes, la thèse repose notamment sur lanalyse d'une base de données inédite et dune vingtaine dentretiens semi directifs avec des directeurs et directrices (anciennement) en poste. Construite selon la progression d'une carrière (origines géographiques, parcours détudes et de carrières, pratiques professionnelles et marges), cette recherche constitue la prosopographie complète dun groupe social au sommet de lEtat et présente les ressorts des socialisations communes de ses membres. Laccès à ces fonctions relèvent dune articulation de capitaux nombreux et divers, accumulés au cours des trajectoires individuelles. « Fils de la République » ou issus de la noblesse dEtat, les individus concernés ont des origines plus diverses que ne le laissent penser les travaux sur les sommets de la fonction publique. Alors que lexamen des parcours détudes fait apparaître trois catégories (généralistes, spécialistes et techniques), lanalyse longitudinale des carrières met en évidence huit types de trajectoires qui portent lempreinte des pôles ministériels. Les cabinets ministériels, comme lieu dexercice professionnel et comme environnement dinteractions quotidiennes, ne constituent pas une condition sine qua non de nomination à ces postes. Cette recherche montre également les pratiques quotidiennes de travail, dont le cur ne diverge pas significativement selon les ministères, et la féminisation contrariée de ces environnements qui continuent de reproduire des inégalités de carrière entre hommes et femmes, malgré la présence plus nombreuse de directrices. Létude des marges de ces fonctions offre un regard nouveau sur des aspects peu connus denvironnements administratifs perçus par la puissance de leurs attributs et dessine les contours dune noblesse désargentée. Les directeurs et directrices dadministrations centrales apparaissent finalement comme un espace social particulier au cur de lEtat, structuré selon des logiques à la fois généralistes et spécialistes, organisées autour des corps et des fonctions, selon six sous-groupes sociaux. En étudiant pour la première fois une fonction unique dans toutes ses composantes, par le haut et par les pratiques, cette recherche montre les apports des méthodes employées et dresse des perspectives de recherches fécondes pour appréhender dautres groupes professionnels et institutions.