Thèse en cours

Écarts de genre dans la performance scolaire dès le début de l'école primaire : l'influence de la famille et de l'école

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AttentionLa soutenance a eu lieu le 12/06/2025. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Lilas Gurgand
Direction : Franck Ramus
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sciences cognitives
Date : Inscription en doctorat le
Soutenance le 12/06/2025
Etablissement(s) : Université Paris sciences et lettres
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Cerveau, cognition, comportement (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistique (1985-....)
Equipe de recherche : Développement cognitif et pathologie
établissement opérateur d'inscription : École normale supérieure (Paris ; 1985-....)
Jury : Président / Présidente : Thomas Breda
Examinateurs / Examinatrices : Franck Ramus, Lidia Panico, Hugo Peyre, Isabelle Régner, Andrei Cimpian
Rapporteurs / Rapporteuses : Lidia Panico, Isabelle Régner

Mots clés

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Résumé

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Les parcours scolaires des filles et des garçons diffèrent, notamment en termes de performances dans certains domaines comme le langage et les mathématiques. Ce travail explore les écarts de performance à l'école primaire, avec un intérêt particulier pour le CP et pour les mathématiques. Des études montrent que des écarts en faveur des garçons dans cette discipline apparaissent dès le CP (Eteve et al., 2025; Fischer & Thierry, 2022), et perdurent tout au long de la scolarité, en France et ailleurs (TIMSS : Mullis et al., 2012; PISA : OECD, 2023). Ce travail de thèse vise à identifier des facteurs environnementaux à la fois dans la sphère scolaire et familiale, qui pourraient expliquer ces différences de genre. Au niveau familial, nous avons utilisé les données de la cohorte française Elfe pour construire deux variables mesurant la socialisation de genre : l’une représentant la division plus ou moins genrée des tâches ménagères entre les parents, et l’autre mesurant les activités plus ou moins genrées des enfants. Nos analyses montrent qu’à partir du CP, les disparités de genre en mathématiques sont plus prononcées dans les familles adoptant une répartition plus traditionnelle des tâches ménagères. Cependant, nous n’avons pas trouvé de de preuve qu’une organisation familiale plus stéréotypée était associée à des activités plus genrées chez les enfants, ni que les activités genrées des enfants pouvaient expliquer une partie des différences de genre en mathématiques. Au niveau scolaire, nous avons tout d’abord étudié les caractéristiques démographiques des enseignant.e.s, et si elles prédisaient des différences de genre en mathématiques. Toujours en utilisant la cohorte Elfe, nous avons étudié des facteurs tels que le genre, le domaine et le niveau d’études, l’âge et l’expérience d’enseignement en CP. Bien que nous n’ayons trouvé aucun effet direct de ces caractéristiques, nous avons cependant mis en évidence une interaction entre le genre de l’enseignant.e et sa discipline de formation. Plus précisément, les écarts en faveur des garçons s’accentuent quand les élèves ont un enseignant (homme) avec une formation scientifique plutôt que non scientifique. Ces variations tendent à être dans le sens inverse pour les enseignantes (femmes). Il est intéressant de souligner que cet effet est spécifique aux mathématiques et au CP, n’étant retrouvé ni avant le CP, ni en langage. Ces résultats sont discutés en lien avec les potentiels biais de genre des enseignant.e.s, qui pourraient varier selon leur genre et leur discipline de formation (Carlana, 2019) en concordance avec nos résultats. Nous avons également mis en évidence un biais de genre des enseignant.e.s, qui tendent à surestimer les différences de performances. Cela correspond à une surestimation du niveau des filles en français, et des garçons en mathématiques. Un biais en faveur des bons comportements en classe est aussi mis en évidence, qui est partiellement lié au genre, les filles ayant tendance à avoir moins de problèmes de comportement, ce qui conduit à surestimer leurs performances. Afin de tenter de réduire les écarts de genre en mathématiques, nous avons également mis en place une expérimentation randomisée visant à former des enseignant.e.s de CP aux stéréotypes de genre et aux pratiques favorisant l’équité entre garçons et filles en classe. 730 enseignant.e.s ont été recruté.e.s pour cette étude, et aléatoirement réparti.e.s entre deux formations et un groupe contrôle. Les résultats des évaluations nationales de CP et CE1 permettant de tester les effets de cette formation sur l’émergence des différences garçons-filles en mathématiques seront disponibles et analysés au printemps 2025. Enfin, un projet subsidiaire s’intéresse aux différences de genre dans le domaine du langage, et suggère qu’une partie de l’avantage des filles pourrait être attribuée à un engagement langagier des parents plus important avec leurs filles qu’avec leurs fils au cours de leur développement.