Thèse en cours

Caractéristiques de nouvelles mutations dans le gene de l'intégrase et dans le 3'PPT du virus de l'Immunodéficience Humaine dans le mécanisme de résistance

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AttentionLa soutenance a eu lieu le 18/09/2025. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Nhat Quang Tu
Direction : Olivier DelelisClémence Richetta
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Microbiologie
Date : Inscription en doctorat le
Soutenance le 18/09/2025
Etablissement(s) : université Paris-Saclay
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Structure et Dynamique des Systèmes Vivants
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : LBPA - Laboratoire de Biologie et Pharmacologie Appliquée
Référent : École normale supérieure Paris-Saclay (Gif-sur-Yvette, Essonne ; 1912-....)
graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Life Sciences and Health (2020-....)
Jury : Président / Présidente : Alessia Zamborlini
Examinateurs / Examinatrices : Matteo Negroni, Sarah Gallois-montbrun, Marc Lavigne
Rapporteurs / Rapporteuses : Matteo Negroni, Sarah Gallois-montbrun

Mots clés

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Résumé

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Le VIH-1, membre de la famille des Retroviridae, est l'agent étiologique du SIDA — l'une des pandémies les plus dévastatrices et persistantes de l'histoire contemporaine. Malgré les avancées majeures dans la thérapie antirétrovirale (TAR), les traitements actuels reposent principalement sur les inhibiteurs de l'intégrase (INSTIs), ciblant spécifiquement l'étape d'intégration du génome viral. Toutefois, l'émergence de variants du VIH-1 résistants aux INSTIs constitue un défi urgent pour les stratégies de santé publique. Ce travail de recherche développe et valide une méthode innovante de quantification de l'ADN intégré du VIH-1, en affinant la technique classique Alu-PCR. Cette nouvelle approche combine des amorces Alu biotinylées, une séparation magnétique via des billes M280 recouvertes de streptavidine, et un traitement enzymatique ciblant l'ADN simple brin par les exonucléases RecJf et ExoVII. Ce protocole améliore significativement la spécificité en éliminant les signaux non spécifiques provenant de l'ADN viral non intégré, réduisant les faux positifs de plus de 2,5 log₁₀, et détecte l'ADN intégré dans 10 % des échantillons cliniques auparavant classés comme négatifs par la méthode traditionnelle. Au-delà de l'innovation méthodologique, ce travail met en évidence deux mécanismes atypiques de résistance aux INSTIs. Le premier concerne des mutations d'insertion dans le gène codant pour l'intégrase, introduisant des acides aminés supplémentaires qui abolissent totalement l'activité enzymatique, rendant le virus insensible aux traitements ciblant l'intégrase via une perte fonctionnelle de la cible moléculaire. Le second mécanisme repose sur des mutations au niveau du segment polypurine 3′ (3′PPT), une séquence ARN conservée essentielle à la synthèse de l'ADN brin positif pendant la transcription inverse. Ces mutations perturbent le rôle initiateur du 3′PPT, bloquant l'intégration du génome viral, mais favorisent la formation d'ADN viral circulaire non intégré (cercles 1-LTR). Les expériences démontrent que les souches mutantes du VIH-1 portant des altérations du 3′PPT ne forment pas de provirus intégré, mais continuent néanmoins à exprimer des protéines virales (Tat, GFP) à partir de l'ADN circulaire. Certaines de ces souches peuvent même se répliquer et produire des particules virales infectieuses sans passage par l'intégration, révélant un nouveau mode de réplication indépendant de l'intégration. Notamment, la formation de ces cercles 1-LTR a lieu dans le cytoplasme, contrairement aux souches de type sauvage qui les produisent dans le noyau, suggérant une stratégie adaptative permettant au virus de contourner l'action des INSTIs. En somme, cette étude contribue à améliorer les outils de quantification du VIH intégré tout en révélant des mécanismes de résistance non conventionnels. Elle remet en question le dogme selon lequel l'intégration est indispensable à la réplication productive du VIH-1, et souligne la nécessité de surveiller de manière plus large les mutations non classiques dans le cadre du traitement moderne du VIH.