Le jihad islamique : radicalisation en Occident et impact en Orient. Daeh : sources théologiques, dynamiques d'influence extérieure et realpolitik syrienne.
| Auteur / Autrice : | Ayham Hakki alexander |
| Direction : | David Cumin |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Science politique |
| Date : | Inscription en doctorat le 14/12/2021 |
| Etablissement(s) : | Université Grenoble Alpes |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre d'Etudes sur la Sécurité Internationale et les Coopérations Européennes |
Résumé
Le jihad est né avec l'islam, il y a plus de 1400 ans, dans la péninsule Arabique. Issu de la racine jhd, qui signifie « effort » en arabe, il désigne à l'origine un effort spirituel visant à soumettre l'âme du croyant à Dieu, en luttant contre ses désirs jugés néfastes par le Coran, le livre saint de l'islam, et par la Sunna du Prophète Mahomet, rapportée dans les ahadiths. Dans Jihad : expansion et déclin de l'islamisme, Gilles Kepel souligne que, pour la majorité des croyants, le jihad vise une forme de perfection spirituelle, accompagnée d'une propagation pacifique de l'islam. Mais pour une minorité extrémiste les jihadistes cette propagation doit s'accomplir par tous les moyens, y compris la violence armée, afin d'éliminer toute résistance à ce dessein. La tradition théologique distingue deux formes de jihad : le grand jihad, effort intérieur du croyant, et le petit jihad, qui désigne la guerre sainte armée, théoriquement réservée à une minorité. Cette sacralisation de la violence a permis de justifier des guerres et des massacres au nom du divin une dérive que l'on retrouve dans les actes terroristes contemporains. Cette thèse doctorale s'inscrit dans un cadre spatio-temporel précis : elle étudiera la situation du terrorisme en France et les dynamiques migratoires des jihadistes français vers le Moyen-Orient, entre 2011 et 2025 période ajustable selon l'évolution de l'actualité. Le surgissement de Daesh à la faveur des révolutions arabes marque un tournant : cette organisation a contrôlé l'est de la Syrie et l'ouest de l'Irak pendant plusieurs années. Grâce à une maîtrise inédite des techniques de communication et de propagande, elle a ouvert une nouvelle ère du jihad : une version 2.0, où Raqqa est devenue la capitale mondiale du terrorisme, au même titre que la Silicon Valley l'est pour la technologie. Des jihadistes du monde entier, souvent instruits et qualifiés, dont de nombreux Français, ont rejoint cette organisation pour contribuer à la résurgence du califat. Notre recherche analysera leurs trajectoires pour comprendre pourquoi certains ont quitté la France pour rejoindre une force transnationale ennemie, participant parfois à des attentats contre leur propre pays. Selon les autorités françaises, près de 2 000 individus seraient impliqués dans des filières de radicalisation ou dans des actes de terrorisme, et environ 4 000 personnes sont inscrites au FSPRT. Face à cela, plusieurs plans ont été mis en place : le PART, puis le PACT, comprenant 32 mesures articulées autour de quatre axes : connaître, entraver, protéger, réprimer. L'analyse de ces politiques et du rôle des services de renseignement sera centrale dans notre étude. L'objectif de ce travail est d'apporter des réponses claires, circonstanciées et scientifiquement fondées à un phénomène qui, sans traitement en profondeur, continuera de frapper la France et au-delà.