Thèse en cours

Fossilisation expérimentale en conditions martiennes

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AttentionLa soutenance a eu lieu le 29/01/2024. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Isis Criouet
Direction : Sylvain BernardLaurent Remusat
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Géochimie
Date : Inscription en doctorat le 01/10/2020
Soutenance le 29/01/2024
Etablissement(s) : Paris, Muséum national d'histoire naturelle
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la nature et de l'Homme - Évolution et écologie (Paris ; 1995-....)

Mots clés

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Résumé

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La Terre est-elle la seule planète habitable dans l'Univers ? Il est possible que non. Mars fascine depuis des siècles par sa similitude avec la Terre. Bien que ses conditions actuelles ne permettent à aucun être vivant de peupler sa surface, la vie aurait pu s'y former il y a plus de 3,7 milliards d'années. Après avoir prouvé son habitabilité passée, les missions d'exploration martienne cherchent désormais des traces de vie dans ses plus anciens sédiments, et plus particulièrement, dans ceux riches en smectites. Ces minéraux sont connus pour leur capacité à stocker et à préserver la matière organique dans différents environnements. L'absence de tectonique de plaques, ainsi que le refroidissement progressif de la planète, au cours de l'Hespérien puis de l'Amazonien, auraient permis de conserver ces sédiments gelés, en (sub)surface, depuis plus de 3 milliards d'années. Les chances de trouver des fossiles ou composés issus du vivant (i.e. des biosignatures) en association avec ces minéraux sont donc considérées élevées. Néanmoins, les conditions extrêmes de sa surface (agents oxydants, rayonnements solaires et cosmiques…) pourraient avoir altéré, voire même détruit, toutes traces de vie ancienne. Si les sédiments de subsurface en sont préservés, ils sont cependant exposés à des fluides post-diagenétiques ou hydrothermaux potentiellement destructeurs, comme en témoigne la présence de veines de sulfate qui les recoupent en profondeur. L'objectif de cette thèse est donc d'évaluer l'impact de ces circulations de fluides sur les biosignatures potentiellement préservées dans les smectites, en subsurface martienne. Pour ce faire, des expériences simulant différents scénarios de fossilisation ont été menées au laboratoire. Dans le cas idéal où un microorganisme entier aurait été fossilisé, des bactéries (E. coli) ont été exposées, sous une atmosphère martienne riche en CO2, à des fluides chauds (de 100°C à 200°C), à différentes durées (de 1 à 100 jours), en présence de smectites identifiées sur Mars : une saponite (smectite riche en magnésium), une nontronite (smectite riche en fer), et une beidellite (smectite riche en aluminium). Des phospholipides (constituants majeurs des membranes cellulaires) ont été exposées aux mêmes conditions, afin de simuler un cas moins idéal, où des bactéries auraient été dégradées avant leur fossilisation. Enfin, étant probable que le carbone organique présent à la surface de Mars ne provienne pas de sources biologiques, des expériences ont été menées avec des composés organiques analogues à ceux pouvant être apportés par les météorites (i.e. une mixture de formaldéhyde). Les résultats de ce travail de thèse montrent que, dans de telles conditions, non seulement la nontronite et la beidellite ne préservent pas les restes de bactéries, mais favorisent au contraire leur dégradation. La saponite, quant à elle, ne permet que de la retarder. Les composés organiques associés à ces trois smectites diffèrent néanmoins en fonction de leur composition chimique, des sources organiques utilisées (bactéries, phospholipides ou formaldéhyde), et du pH. La prise en compte de ces éléments permettrait de différencier des composés issus de bactéries, de ceux d'origine abiotique associés aux smectites et d'ainsi identifier des biosignatures. Si de nombreux sédiments anciens sont encore présents sur Mars, il est important de garder à l'esprit que les biosignatures qu'ils contiendraient seraient vraisemblablement dégradées, comme c'est le cas sur Terre. Ce travail invite donc à reconsidérer les stratégies de recherche de traces de vie ancienne sur cette planète. Bien que le potentiel de biopréservation des smectites soit limité, les saponites seraient les meilleures candidates pour la sélection et l'analyse des échantillons prochainement ramenés sur Terre.