Liens et pensée en échec dans les institutions de soin et d'accueil : vers une fuite ou une impossibilté de penser ?
| Auteur / Autrice : | Ludmila Dauvergne |
| Direction : | Brigitte Blanquet |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Psychologie |
| Date : | Inscription en doctorat le 29/10/2021 |
| Etablissement(s) : | Lyon 2 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Education Psychologie Information Communication |
| Partenaire(s) de recherche : | Equipe de recherche : Centre de Recherches en Psychopathologie et Psychologie Clinique |
Résumé
Notre 21e siècle occidental nous paraît ici essentiellement caractérisé par le développement du leadership et de la transformation progressive des institutions en fabriques à monnaies et à individualités, sous l’autorité libérale des gestionnaires. Si cela semble profiter au fonctionnement des banques et des grandes entreprises, nous sommes d’avis que ces évolutions sont dangereuses pour garantir le bon fonctionnement des institutions de soin et de prévention : la protocolisation normative du soin fait disparaître le subjectif. Nous ne rencontrons plus la personne, mais nous analysons un cas à catégoriser. Ajouté à cela, les professionnels de santé ne semblent plus trouver dans leur travail les espaces d’élaboration nécessaires pour leur propre santé mentale ce qui mène à une augmentation des « maladies du travail » – cette catégorie rassemblant les maladies professionnelles, les accidents du travail et les risques psychosociaux – telles que l’épuisement professionnel ou les dépressions. Beaucoup perdent ainsi la vocation du soin par besoin de survie psychique. Dans le même temps, il n’est plus question de responsabilité collective mais plutôt de rivalités concurrentielles qui poussent à accuser l’autre. Ces mutations de fonctionnement dans nos institutions contaminent le fonctionnement du socius, à moins que ce ne soit l’inverse (qui du libéralisme sociétal ou du libéralisme institutionnel est né en premier ?). Les gens dans la civilisation deviennent plus méfiants les uns envers les autres ou envers l’autorité politique et les collectifs se clivent toujours davantage. L’État ne semble plus faire office d’un cadre suffisamment bon et contenant, et beaucoup de citoyens sont aux prises avec des idéologies radicales allant du complotisme au combat pour l’écriture inclusive, un identitarisme à deux facettes – un nationalisme identitaire et un identitarisme de gauche (appelé « wokisme ») – le tout exacerbé par la situation critique sanitaire de la Covid-19. Ainsi, comment retrouver l’humanité dans le collectif afin de rétablir une pensée subjective ? S’agirait-il de retrouver le désir d’aller à la rencontre de l’autre dans sa propre réalité, de s’ouvrir par le biais de la rencontre à d’autres dimensions que soi ? Mais pouvons-nous aujourd’hui rencontrer ? L’intérêt de ce travail est d‘apporter un témoignage, une compréhension et des outils, d’un point de vue clinico-psychanalytique, dans une discussion entrecroisant différentes disciplines telles que la sociologie, la philosophie et l’anthropologie.