Thèse en cours

Le concert des sens. Théorie de l'art des jardins et épistémologie du paysage en Europe (1757-1785)

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Auteur / Autrice : Étienne Morasse-choquette
Direction : Laurent ChatelChristina Contandriopoulos
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Langues et littératures anglaises et anglo-saxonnes
Date : Inscription en doctorat le 04/09/2018
Etablissement(s) : Université de Lille (2022-....) en cotutelle avec Université du Québec à Montréal
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de l'homme et de la société (Lille ; 2006-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre d'Etudes en Civilisations, Langues et Lettres Etrangeres

Résumé

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Cette thèse examine la place qu'occupent le corps et les sens dans la théorie de l'art des jardins de la fin du XVIIIe siècle, en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne. Cette question, négligée dans l'historiographie, apparaît pourtant décisive à partir du moment où cet art cherche à affirmer son autonomie par rapport au modèle offert par la peinture. Certains théoriciens, dont Thomas Whately (1726-1772), William Chambers (1723-1796), René-Louis de Girardin (1735-1808) et C. C. L. Hirschfeld (1742-1792) se montrèrent enthousiastes envers les possibilités expérientielles et sensorielles offertes par l'art des jardins, et contribuèrent ainsi ensemble à alimenter une théorie extrapicturale pour cet art, nourrie par l'épistémologie sensualiste alors très influente. À partir de ce constat, la thèse cherche à expliciter les raisons derrière cette émancipation théorique des sens autant que ses implications pour une esthétique renouvelée de l'art des jardins. L'analyse proposée démontre que l'émergence d'un questionnement sur le statut des sens dans l'expérience d'un jardin est indissociable d'un renouveau théorique plus large du paysage à l'époque, où celui-ci est travaillé autant par l'enjeu d'une sensibilisation du public à la nature que par celui de l'immersion du public. Ce travail vise en arrière-plan à alimenter une réflexion sur le concept même de paysage, tel qu'il se consolide au XVIIIe siècle, dans la tension constante qu'il entretient entre l'image et le corps, soit entre la représentation visuelle (saisissable, mais limitée) de la nature et une expérience incarnée en plein air (sensoriellement plus complexe, mais potentiellement insaisissable). L'analyse du jardin d'Ermenonville, conçu par le marquis de Girardin, nous permet de comprendre les implications concrètes d'une telle perspective théorique.