Thèse en cours

LA REPRESSION DU BLANCHIMENT DE CAPITAUX EN FRANCE ET EN COTE D'IVOIRE

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Auteur / Autrice : Opportun Adou
Direction : Audrey DarsonvilleNanga Silue
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Droit privé
Date : Inscription en doctorat le 20/12/2019
Etablissement(s) : Université de Lille (2022-....) en cotutelle avec Université Alassane Ouattara
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale des Sciences Juridiques, Politiques et de Gestion (Lille ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de Recherche Droits et Perspectives du Droit
Equipe de recherche : LERADP - L'Equipe de Recherches Appliquées au Droit Privé

Résumé

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Pan majeur de la criminalité transnationale, l'incrimination et la répression du blanchiment de capitaux en général et en France et en Côte d'Ivoire en particulier, tiennent à de sources aussi bien formelles que matérielles. Du point de vue formel, elles découlent des engagements internationaux pris par ces Etats, du fait de leur souscription à diverses normes internationales, notamment les conventions des Nations Unies contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes de 1988 et celle contre la criminalité transnationale organisée de 2000. C'est d'ailleurs ce qui ressort des 40 recommandations du GAFI (Groupe d'Action Financière), qui elles-mêmes apparaissent aux Etats membres et affiliés, comme des normes non impératives (en apparence, car aussi bien la non-conformité que ‘'la rébellion'' sont sanctionnés), en quelque sorte des lignes de conduite pour les gouvernements afin de promouvoir la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Si la convention de 1988 fixe les bases de la lutte contre le blanchiment, celle de 2000 met en exergue son caractère transnational, voir les liens étroits qu'il entretient avec d'autres infractions aussi nombreuses que diverses, la dimension transversale de l'infraction. Ces éléments ont milité en faveur d'une harmonisation de la répression, afin que les différences entre les législations des Etats ne profitent pas aux blanchisseurs. Du point de vue matériel, l'incrimination du blanchiment, en France comme en Côte d'Ivoire (toutefois la répression dans le second pays est beaucoup plus récente de sorte que les mêmes difficultés ne se sont pas nécessairement posées), tient à plusieurs constats et deux principalement. D'une part, une fragilisation et une infestation de la structure socio-politico-économique des Etats du fait du blanchiment qui n'est pas sans conséquences sur la stabilité aux différents niveaux concernés de ces Etats. D'autre part la difficulté, voire l'impossibilité de mettre en œuvre les infractions classiques. Pour autant, même si les mécanismes de blanchiment restent en général les mêmes dans tous les Etats concernés, il n'en demeure pas moins que certaines différences dans cette réponse anti-blanchiment apparaissent, tant en raison de la diversité des typologies en général et de celles auxquelles chacun des Etats de France et de Côte d'Ivoire est confronté, que même du traitement législatif, jurisprudentiel que doctrinal. D'ailleurs cela ressort des critères principaux de l'Evaluation des dispositifs nationaux des Etats, fixés par les standards internationaux. Il s'agit de la conformité technique qui vise à vérifier l'internalisation des normes internationales par l'Etat considéré, et l'efficacité, qui au-delà de la simple internalisation, vise à apprécier la mise en œuvre effective des normes internalisées. Cela donne un double aspect à la réponse attendue des Etats : une juste incrimination d'une part, et une bonne répression d'autre part. Dans de telles conditions, quelle est la réalité du traitement du blanchiment de capitaux en France et Côte d'Ivoire ? S'agit-il de la même infraction d'un pays à l'autre? Qu'en est-il de la répression ?