Les enjeux éducatifs de l’IA générative : médiations, subjectivations et transformations des apprentissages
| Auteur / Autrice : | Sami Ben Amor |
| Direction : | Michel Durampart |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences de l'information et de la communication |
| Date : | Soutenance le 27/11/2025 |
| Etablissement(s) : | Toulon |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sociétés méditerranéennes et sciences humaines (Toulon ; 2008-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut Méditerranéen des Sciences de l'Information et de la Communication (Toulon ; Marseille ; 2018-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Laurent Collet |
| Examinateurs / Examinatrices : Benoît Le Blanc | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Imad Saleh, Laurence Favier | |
| DOI : | 10.70675/0c81630dz7b1bz45ccz8bc3z4eeb629b60ee |
Résumé
L’intelligence artificielle générative (IAg) ne constitue pas seulement une innovation technique : elle transforme en profondeur les régimes de médiation, les modalités d’apprentissage et les fondements mêmes des pratiques éducatives. Cette étude doctorale propose une lecture critique et située de ces transformations, en articulant les apports des Sciences de l’information et de la communication (SIC) avec ceux des sciences de l’éducation, de la sociologie des organisations et de la cognition. À partir d’un ancrage en SIC, notre travail interroge les effets des IAg sur les dispositifs de transmission et d’acquisition des savoirs, les dynamiques relationnelles dans les environnements pédagogiques, les nouvelles formes d’organisation éducative, ainsi que les enjeux éthiques et symboliques qu’elle soulève. L’hypothèse centrale est que l’IA générative ne se contente pas d’assister l’humain : elle contribue à redéfinir les rôles, les valeurs et les structures dans lesquelles les apprentissages se construisent. Notre étude s’inscrit dans une posture épistémologique compréhensive et critique. Nous mobilisons une méthodologie mixte : expérimentations pédagogiques en classe, entretiens avec les acteurs de l’éducation et des questionnaires. L’objectif est de documenter, dans l’enseignement secondaire et supérieur, les usages, les non usages, les représentations, les résistances, les acceptabilités et les appropriations des IAg. Ce travail rend visible aussi de nouvelles tensions dans le système éducatif comme : l’automatisation des discours vs la réflexivité éducative ; l’industrialisation des contenus vs la co-construction des savoirs ; l’efficacité technique vs la reconnaissance des sujets. À l’intersection des interfaces conversationnelles génératives, des modèles d’apprentissage adaptatifs et des dispositifs d’évaluation algorithmique, l’IA générative impose une nouvelle « grammaire » de l’enseignement. Celle-ci interroge la forme scolaire, le contrat éducatif et les conditions de confiance. Elle révèle (ou accentue) différentes formes de vulnérabilités : cognitives, sociales, organisationnelles et institutionnelles. Dans un contexte d’accélération numérique et de temporalités fragmentées, notre travail plaide pour une écologie critique de l’éducation. Il défend la nécessité de préserver des espaces de lenteur, de sens, de pluralité interprétative et de subjectivation, face à des technologies qui automatisent la médiation, lissent les différences et formatent le rapport au savoir.