Absolu et subjectivité. Pour une critique du perspectivisme phénoménologique
| Auteur / Autrice : | Benjamin Busquet |
| Direction : | Grégori Jean |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Philosophie |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/09/2021 |
| Etablissement(s) : | Université Côte d'Azur |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sociétés, humanités, arts et lettres (Nice ; 2016-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Jean |
Mots clés
Résumé
A partir d'une critique nourrie par la philosophie de Michel Henry, il s'agit de mettre au jour un dogme de la phénoménologie historique selon lequel le sujet ne serait qu'un point de vue sur la réalité, une perspective finie et contingente, relative au monde qu'elle contemple. Jetant sur la subjectivité transcendantale l'ombre de la monade leibnizienne, la phénoménologie post-heideggérienne n'a eu de cesse de présenter la conscience comme essentiellement relative au monde transcendant qu'elle délivre pourtant et rend possible, absorbant et dissolvant, dès lors, le sujet dans le spectacle du visible. Loin d'exister par elle-même, la subjectivité n'existerait donc qu'à la condition de faire apparaître une réalité lui étant à la fois étrangère et inaccessible intégralement. Enfermée dehors dans le monde, elle serait alors condamnée à dévoiler les choses de manière infinie et particulière, s'efforçant sans arrêt de s'arracher de sa centralité originelle pour retrouver une réalité ex-centrique, au-delà de tout point de vue. De cette corrélation sujet-monde, il serait alors aisé de faire déteindre une ontologie des choses visibles sur celle de la subjectivité et de ne voir plus qu'en elle un étant accidentel, s'éprouvant phénoménologiquement à la manière des choses qu'elle dévoile : particulière, finie, mortelle. Un tel développement n'est pourtant possible qu'à partir de l'oubli d'une des thèses les plus fondamentales de la phénoménologie transcendantale de Husserl : la subjectivité n'apparaît pas à la manière des choses perçues et si un cube n'apparaît jamais qu'inadéquatement et sous un certain angle, celle-là ne peut apparaître que totalement. Si les choses exigent une perspective, l'immanence du sujet est quant à elle absolue en un sens phénoménologique radical : elle se donne sans point de vue. C'est cette définition de l'absolu, lequel ne saurait être dérivé de la perception mais au contraire de l'affection, qu'il s'agit pour nous d'étudier aussi bien dans ses postulats que dans ses conséquences vis-à-vis de la subjectivité elle-même. Insistant cette fois-ci sur la centralité irréductible du sujet, cette phénoménologie découvre alors une subjectivité qui ne s'éprouve pas comme elle se perçoit.