Stratégies de thérapie génique à large spectre pour lutter contre la neurodégénérescence dans la maladie de Pelizaeus-Merzbacher : études pré-cliniques dans un modèle murin
| Auteur / Autrice : | Louise Goujon |
| Direction : | Odile Boespflug, Francoise Piguet |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Physiologie, physiopathologie (ED 562) |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 08/01/2026 |
| Etablissement(s) : | Université Paris Cité |
| Ecole(s) doctorale(s) : | ED 562 BioScience Paris Cité (BioSPC) |
| Jury : | Examinateurs / Examinatrices : Liliane Massade, Pierre Gressens, Mélina Begou, Marie-anne Colle, Catherine Sarret, Odile Boespflug, Francoise Piguet |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Marie-anne Colle, Catherine Sarret |
Résumé
La maladie de Pelizaeus-Merzbacher (PMD) représente le prototype du défaut héréditaire de formation de la myéline du système nerveux central (SNC). Cette leucodystrophie hypo-myélinisante liée à l'X est due à des variations pathogènes du gène des protéo-lipoprotéines (PLP1). Ce gène code pour deux protéines majeures de la myéline du SNC, la protéo-lipoprotéine (PLP) et son isoforme épissée DM20. La forme classique de PMD est principalement liée à de larges duplications incluant l'entièreté du gène PLP1 et se caractérise chez les patients de sexe masculin par un trouble du neurodéveloppement liée à une hypomyélinisation précoce et sévère, suivi d'une neurodégénérescence liée à une souffrance axonale sous-jacente. Des modèles de souris transgéniques présentant une variation du nombre de copies du gène PLP1 ont été générées dans les années 1990, parmi lesquels le modèle murin PLP-tg66/66, qui dispose de 14 copies supplémentaires du gène Plp1. Bien que ce modèle présente une hypomyélinisation précoce et sévère comme dans la forme classique de la PMD par surexpression de PLP1 chez l'humain, il a été peu décrit sur le plan phénotypique et peu utilisé dans des études pré-cliniques. La première partie de ce travail a consisté à caractériser phénotypiquement ce modèle par des études comportementales longitudinales, combinées à l'évaluation des conductions nerveuses. Des études immunohistochimiques de la moelle épinière ont été réalisées en parallèle. Nous avons pu démontrer que ce modèle reproduisait les deux phases neurodéveloppementale et neurodégénérative caractéristiques de la PMD, permettant d'établir qu'il s'agissait d'un modèle murin robuste pour des essais thérapeutiques pré-cliniques. Mon équipe d'accueil a pu montrer que des dysfonctionnements mitochondriaux sévères contribuaient à la neurodégénérescence observée dans ce modèle. En complément, j'ai exploré une autre voie métabolique confidentielle d'intérêt. Dans la deuxième partie de ce travail, notre objectif était de tester des stratégies de thérapie génique dans le but de prévenir ou ralentir la neurodégénérescence. Si l'hypomyélinisation représente le mécanisme primaire dans PMD, la souffrance neuro-axonale est un processus secondaire, qui une fois enclenché, évolue de manière indépendante et s'auto-entretient. Le développement de thérapies ciblant spécifiquement la souffrance axonale semble donc nécessaire, en complément de traitements visant à diminuer l'expression du PLP actuellement en développement mais qui nécessitent une action très précoce. Ici, nous avons sélectionné deux voies biologiques confidentielles d'intérêt à partir desquelles diverses stratégies de thérapie génique basées sur des vecteurs AAV, ont été développés et testées dans notre modèle Plp-tg66/66. Pour chaque approche, nous avons procédé à une injection intraveineuse rétro-orbitale à 3 semaines de vie chez les souris Plp-tg66/66 puis réalisé un suivi pondéral hebdomadaire et des tests moteurs à 1 mois et 2 mois de vie. Les souris ont été euthanasiées à 2 mois de vie pour le prélèvement des tissus cibles (cerveau, moelle épinière) et des organes périphériques pour des études histologiques, moléculaires et biochimiques. Les données des souris Plp-tg66/66 traitées ont été comparées à celles des souris Plp-tg66/66 non traitées et à celle de souris contrôles. Nous avons mis en évidence des résultats encourageants avec une amélioration clinique chez les souris Plp-tg66/66 traitées par une de nos stratégies de thérapie génique. L'optimisation de cette approche, pour renforcer le potentiel thérapeutique de cette thérapie, est en cours d'évaluation. Au total, notre étude a démontré que le modèle murin Plp-tg66/66 était un modèle robuste pour des études pré-cliniques dans PMD par surexpression du gène PLP1 et a permis d'identifier de nouvelles approches de thérapie génique prometteuses pour le traitement de la neurodégénérescence dans PMD.