Accéder à l’eau Outre-Mer : trajectoires historiques et pratiques quotidiennes d’une eau potable en tension à la Martinique
| Auteur / Autrice : | Oméya Desmazes |
| Direction : | Jean-Raphaël Gros-Désormeaux, Anne Honegger |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Géographie - Aménagement |
| Date : | Soutenance le 21/01/2026 |
| Etablissement(s) : | Lyon 3 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences sociales (Lyon ; 2007-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Environnement, ville, société (Lyon ; 1995-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Emmanuelle Hellier |
| Examinateurs / Examinatrices : Emmanuelle Hellier, Stéphane Ghiotti, Emilie Lavie, Valérie Deldrève, David Howard | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Stéphane Ghiotti, Emilie Lavie | |
| DOI : | 10.70675/7bed7836z07b1z44aaz9cf4z7d27cdd59777 |
Mots clés
Résumé
Cette thèse analyse les formes contemporaines d’accès à l’eau potable en Martinique à travers une approche de géographie sociale inscrite en contexte postcolonial outre-mer. Malgré un raccordement quasi généralisé au réseau public, l’accès à l’eau reste marqué par des ruptures récurrentes, des infrastructures défaillantes et de fortes inégalités territoriales, alimentant un sentiment d’injustice. En mobilisant les apports de la géographie sociale, de la political ecology et de la justice environnementale, la recherche interroge la manière dont les pratiques quotidiennes de l’eau potable contribuent à redéfinir les contours d’un accès juste et équitable à l’eau. À partir d’une enquête qualitative multi-scalaire menée auprès d’élues, de gestionnaires et d’habitantes, l’étude met en lumière un modèle de gouvernance importé de l’Hexagone qui a produit des rapports différenciés et hiérarchisés à la ressource. L’analyse des pratiques en réseau et hors-réseau révèle l’existence d’une précarité infrastructurelle, où se mêlent instabilité du service, défiance institutionnelle et inégalités de reconnaissance. Elle met également en évidence des stratégies de contournement, de réappropriation et de revendication du droit à l’eau. La persistance des usages hors-réseau - notamment le prélèvement d’eau de sources pour la boisson - témoigne de la pluralité des régimes d’eaux et de la présence d’une culture matérielle associée. Ces pratiques, qu’elles soient subies ou choisies, expriment des formes d’autonomie face à la standardisation du service public. En situant ces dynamiques dans l’histoire longue des rapports coloniaux, la thèse montre que les infrastructures de l’eau constituent un révélateur des tensions entre l’idéal d’égalité républicaine et la réalité différenciée de la citoyenneté dans les outre-mer.