Penser l'essentialisation des identités culturelles : du primat de l'identité géo-culturelle dans les études décoloniales latino-américaines à la créolisation glissantienne
| Auteur / Autrice : | Lola Yon-Dominguez |
| Direction : | Johann Michel |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Droit, études politiques, philosophie |
| Date : | Inscription en doctorat le 27/09/2021 |
| Etablissement(s) : | Paris, EHESS |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales |
Mots clés
Résumé
En France, les théories décoloniales latino-américaines ne font l’objet de travaux de recherche que depuis une dizaine d’années et une analyse critique approfondie continue de manquer. Leur réception se fait sur fond de discordes politiques et de dissensions universitaires, au centre desquelles se trouve l’idée qu’elles participeraient d’une essentialisation des identités culturelles, menaçant ainsi de produire des analyses erronées sur le plan scientifique et de fragmenter la société sur le plan politique. Afin de dépasser l’impasse théorique identitaire dans lequel le débat semble figé, nous voulons faire dialoguer le problématique primat de l’identité géo-culturelle – tel qu’il se trouve formulé dans les théories décoloniales latino-américaines – avec la pensée d’Édouard Glissant. Partageant pourtant de nombreuses problématiques communes (la réécriture de l’histoire, le poids du passé colonial et esclavagiste, le manque de visibilité et de reconnaissance académique, les tumultes des sociétés pluriculturelles), pensée de la créolité et pensée décoloniale n’ont jusqu’alors jamais été rapprochées. Notre hypothèse est que la notion de créolisation et la critique de « l’identité-racine » dont elle est porteuse permettent de dépasser les apories essentialistes du latino-américanisme associé au décolonialisme.