Apport de l'intelligence artificielle pour la prévision spatio-temporelle des inondations
| Auteur / Autrice : | Fadil Boodoo |
| Direction : | Renaud Hostache, Carole Delenne |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | STE-Sciences de l'Eau |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 25/08/2025 |
| Etablissement(s) : | Université de Montpellier (2022-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Biodiversité, Agriculture, Alimentation, Environnement, Terre, Eau |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : ESPACE DEV - Observation Spatiale, Modèles et Science Impliquée |
| Jury : | Président / Présidente : Flavie Cernesson |
| Examinateurs / Examinatrices : Robert Mose, Hamouda Bouthagane, Anne Laurent | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Robert Mose, Hamouda Bouthagane |
Mots clés
Résumé
Face à laccroissement des risques dinondations liés aux changements climatiques, leur prévision précise et rapide constitue un enjeu majeur pour la gestion opérationnelle des risques associés. Cette thèse explore le potentiel des méthodes dintelligence artificielle (IA), notamment les réseaux de neurones récurrents (LSTM) et les réseaux de neurones graphiques (GNN), afin daméliorer la modélisation spatio-temporelle (débits, niveaux d'eau, étendues inondées...) des inondations. Dans un premier temps, létude évalue la sensibilité des performances des modèles LSTM à la durée et à la diversité des données dentraînement, en les comparant à un modèle pluie-débit conceptuel classique, Superflex. Si les LSTM surpassent le modèle conceptuel avec des données abondantes et représentatives, atteignant un coefficient de Nash-Sutcliffe (NSE) de 0,89, ils subissent une forte dégradation en situation de données limitées, avec une baisse moyenne de 0,14 du NSE un phénomène beaucoup moins marqué avec Superflex. Ce constat soulève des questions majeures sur la robustesse des LSTM face aux évolutions climatiques futures. Dans une seconde partie, un modèle innovant fondé sur les réseaux de neurones graphiques, baptisé HydroGCN, est développé pour prédire les hauteurs deau à partir des débits, en exploitant la structure topologique des systèmes hydrauliques. Testé sur un canal synthétique puis sur le bassin versant réel de la Severn (Royaume-Uni), HydroGCN démontre une capacité remarquable à reproduire les dynamiques simulées par un modèle hydraulique à surface libre de référence (Shallow Water 2-D: SW2D), avec un NSE atteignant 0,99, tout en offrant une diminution des temps de calcul d'un facteur supérieur à 80. Ce travail met en lumière lintérêt dune modélisation explicite des relations spatiales via un graphe, tout en identifiant des axes damélioration, notamment lintégration dinteractions bidirectionnelles et lenrichissement des attributs physiques. Cette recherche ouvre ainsi la voie à une nouvelle génération doutils de prévision des inondations, combinant rapidité, précision et adaptabilité. Elle souligne également la nécessité de concevoir de nouvelles méthodes dévaluation, essentielles pour garantir la robustesse des modèles dintelligence artificielle dans un contexte climatique en évolution, et permettre ainsi lémergence de solutions véritablement opérationnelles pour la gestion future des risques dinondation.