Transition énergétique du transport ferroviaire à l'échelle internationale d'ici 2050: Évaluation technico-économique et analyse des alternatives décarbonées
| Auteur / Autrice : | Antoine Belleguie |
| Direction : | François Combes, Martin Koning |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences économiques |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/11/2021 |
| Etablissement(s) : | Université Gustave Eiffel |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Ville, Transports et Territoires |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire Systèmes Productifs, Logistique, Organisation des Transports, et Travail |
Mots clés
Résumé
Cette thèse se concentre sur la transition énergétique du transport ferroviaire à l'échelle internationale d'ici 2050. Nous sommes à l'aube d'une nouvelle ère, marquée par des défis environnementaux sans précédent. D'une part, les émissions de gaz à effet de serre (GES), responsable du réchauffement climatique, ont atteint 37,4 milliards de tonnes en 2023 (AIE, 2024), dont près de 23% sont imputables au secteur des transports (GIEC, 2023). D'autre part, la pollution atmosphérique est responsable de près de 9 millions de décès prématurés chaque année (Lelieveld et al., 2023). Le transport ferroviaire joue un rôle central dans la stratégie de décarbonation des transports, présentant des avantages indéniables (ERFA, 2024), cependant il reste responsable de l'émission de près de 100 millions de tonnes de CO₂ par an (AIE, 2022), principalement en raison de la prévalence du diesel, représentant encore 54 % de l'énergie consommée par le secteur (AIE, 2022). Le marché du ferroviaire décarboné se distingue par une grande diversité d'alternatives, qu'elles soient partiellement ou totalement décarbonées (électriques, à hydrogène, avec des batteries ou au biofuel), ainsi que par diverses configurations (mono-mode, bi-mode, tri-mode ou hybrides), nécessitant parfois l'ajout de matériel roulant supplémentaire (tender/powercar) ou la modification de l'infrastructure (caténaires) (Belleguie, 2023). Cette diversité d'options complexifie l'analyse, et la véritable question demeure : Quelle alternative décarbonée est la plus pertinente et efficiente, au regard des contraintes économiques, techniques et environnementales, pour chaque cas d'usage étudié ? Ce travail de recherche vise à répondre à cette question en analysant la compétitivité des alternatives décarbonées à travers plusieurs cas d'usage dans deux zones géographiques clés : l'Europe (France, Allemagne) et l'Amérique du Nord (États-Unis, Canada). Nous adoptons une méthodologie en trois volets : 1. Faisabilité technique : Évaluer l'efficacité énergétique et de la consommation des technologies, mesurant leur performance dans des contextes variés. 2. Impact environnemental : Estimer les émissions de GES et des polluants sur le cycle de vie des solutions, quantifiant les bénéfices environnementaux. 3. Évaluation économique : Analyser le Coût Social Total (TSC), qui inclut le Coût Total de Possession (TCO) et le Coût Externe Total (TEC). Le TCO couvre les coûts privés de l'opérateur (investissements, énergie, maintenance, sillon ferroviaire, main-d'oeuvre), tandis que le TEC englobe les externalités (pollution atmosphérique et sonore, émissions de GES, accidents). Nous intégrons à notre analyse des scénarios prospectifs, incluant notamment les variations des coûts de l'énergie. Enfin, nous évaluons les coûts d'abattement privés et socio-économiques afin de mesurer l'efficacité des alternatives décarbonées à moyen et long terme. Cette thèse contribue à l'économie des transports en explorant le sous-domaine du ferroviaire décarboné. Elle offre une analyse approfondie des dimensions environnementales et économiques des alternatives décarbonées, permettant ainsi d'éclairer les décisions des acteurs du marché et décideurs politiques en matière de choix technologiques. Cette thèse souligne l'importance stratégique du soutien des politiques publiques dans l'émergence et l'adoption de ces alternatives. Le choix des solutions décarbonées est intimement lié à l'architecture du marché et à la structure des réseaux, entraînant des variations significatives d'une zone géographique à l'autre. Par ailleurs, l'analyse à moyen et long terme, fondée sur des scénarios prospectifs, met en évidence non seulement les avantages environnementaux, mais également dans certains cas, un potentiel bénéfice économique. Un coût d'abattement négatif peut être envisagé lorsque les coûts externes surpassent le TCO, engendrant ainsi un double dividende tant sur le plan environnemental qu'économique.