Thèse en cours

Efficacité et mécanismes d'action des CAR-iNKT versus CAR-T dans le glioblastome

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Auteur / Autrice : Tan dai Tran
Direction : Marie-Thérèse RubioCécile Pochon
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sciences de la Vie et de la Santé - BioSE
Date : Inscription en doctorat le 07/12/2021
Etablissement(s) : Université de Lorraine
Ecole(s) doctorale(s) : BioSE - Biologie Santé Environnement
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : IMoPA - Ingénierie Moléculaire et Physiopathologie Articulaire
Equipe de recherche : Equipe 6 : Cell-engineering and Immunomodulation of Inflammatoryand Neoplastic Disorders (CImIND

Résumé

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Le glioblastome multiforme (GBM) représente près de la moitié des tumeurs malignes du système nerveux central et est connu pour sa progression rapide et ses récidives quasi inévitables ; c'est pourquoi la survie médiane reste de seulement 12 à 15 mois et le taux de survie à cinq ans est inférieur à 10 % (1–3). Le traitement standard actuel du GBM comprend une chirurgie maximale sécuritaire suivie d'une radiothérapie, du témozolomide (1,4) et des avancées récentes telles que les thérapies anti-angiogéniques (5) et les thérapies ciblées (6), mais un contrôle tumoral durable demeure impossible à obtenir. L'immunothérapie par cellules T à récepteur antigénique chimérique (CAR-T) a révolutionné les paradigmes de traitement des hémopathies malignes et a été étudiée dans des essais précliniques et cliniques sur les tumeurs solides, notamment le GBM. Les essais cliniques ciblant des antigènes associés au GBM, tels que l'EGFRvIII, l'IL-13Ra2, l'HER2 et le GD2, ont montré des réponses initiales prometteuses (7–9). Le GD2, un disialoganglioside fortement exprimé à la surface des cellules de glioblastome (GBM) mais quasi absent du tissu cérébral adulte normal, est devenu une cible prometteuse pour les CAR dans le GBM (10-12). Les cellules CAR-T perdent fréquemment leur fonction cytotoxique, caractérisée par des phénotypes d'épuisement (PD-1) (13-15) et par une suppression, par les cellules immunosuppressives (Tregs, MDSC, TAM), du microenvironnement tumoral (TME) (2,8,16). Ces limitations soulignent la nécessité de développer des plateformes immunitaires capables de cibler efficacement les tumeurs tout en maintenant leur persistance et leur résistance au microenvironnement immunosuppresseur. Les cellules iNKT (cellules T tueuses naturelles invariantes) constituent un sous-ensemble unique de lymphocytes T caractérisé par leur récepteur invariant, qui reconnaît les antigènes glycolipidiques présentés par la molécule CD1d non polymorphe (17-19). Elles possèdent ainsi la capacité de cibler directement les cellules tumorales et de moduler les populations myéloïdes immunosuppressives (MDSC, TAM) au sein du microenvironnement tumoral (18,19), atténuant ainsi l'échappement immunitaire induit par la tumeur (20,21). De plus, elles présentent un risque d'épuisement et d'alloréactivité plus faible, ce qui permet une utilisation allogénique plus sûre (18,20). Par ailleurs, des modèles de neuroblastome ont démontré que les cellules CAR-iNKT ciblant GD2 infiltrent les tumeurs plus efficacement que leurs homologues CAR-T (20,22,23). Cependant, leur potentiel n'a pas encore été exploré dans le cadre d'une thérapie ciblant GD2 contre le glioblastome. Cette étude a évalué les effets antitumoraux directs des cellules CAR-T et iNKT anti-GD2 in vitro, en utilisant des tests de réexposition sérielle afin de mieux comprendre les modifications fonctionnelles des cellules effectrices CAR après une exposition tumorale répétée et prolongée à l'antigène. Nos données décrivent les mécanismes associés à la perte de fonction de l'effectrice des cellules CAR dans ce contexte et montrent que l'ajout d'IL-12 maintient la persistance et l'activité cytotoxique des cellules CAR-T et iNKT anti-GD2 contre les cellules de glioblastome (GBM) lors de réexpositions tumorales sérielles.