Savoir et Résister par le Travail social Communautaire
| Auteur / Autrice : | Florie Toularastel |
| Direction : | Estelle Ferrarese |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Philosophie |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/09/2021 |
| Etablissement(s) : | Amiens |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale en Sciences humaines et sociales |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : CURAPP-ESS Centre Universitaire de recherches sur l'Action Publique et le Politique. Epistémologie et Sciences et Sociales |
Mots clés
Résumé
Le travail social communautaire repose sur l'engagement des personnes concernées au soin de l'équipe professionnelle, à des postes décisionnaires et comme actrices à part entière de l'action. A partir de mon expérience de terrain dans une association de santé communautaire de travailleur.euses du sexe, je souhaite mener une analyse de ces initiatives, de leurs fondements épistémiques et de leur puissance de résistance. Le cadre conceptuel foucaldien nous permettra de faire une critique du travail social gouvernemental, en tant qu'il peut être un instrument de gestion de ce que les ordres normatifs dominants qualifient de résistance : les contre-conduites et déviances. Je me concentrerai sur les communautés constituées par les oppressions systémiques - racisme, hétéro et cissexisme, validisme, classisme, etc - et adopterai de ce fait une perspective anti-oppressive comme méthodologie du travail social. Je proposerai de saisir la manière dont les savoirs du travail social et les savoirs concernés permettent de lutter contre les ordres oppressifs, notamment à travers la détermination d'une expertise concernée. Il ne s'agit pas nécessairement de définir un privilège épistémique (Hartsock, 1983), mais de révéler la force critique des savoirs assujettis (Foucault, 1976) et leur disposition à la résistance (Medina, 2013). De plus, la réappropriation des processus épistémiques est elle-même émancipatrice. En cela, le travail social communautaire se constitue comme un espace de lutte contre les oppressions au niveau de leurs impacts dans les vies individuelles, mais aussi par la transformation des dynamiques de délégitimation de certains sujets, et par la suite, de hiérarchisation des vies (Butler, 2010). La communauté permet de constituer des forces de lutte ; la présence des sujets non-concernés engagés dans les actions de soin, permet de penser la notion d'alliance.