Thèse en cours

La gestion ordinaire de la ville à l'épreuve de la consommation de substances psycho-actives dans l'espace public

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Auteur / Autrice : Lauren Dixon
Direction : Elsa Vivant
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Aménagement de l'espace, Urbanisme
Date : Inscription en doctorat le 01/09/2021
Etablissement(s) : Université Gustave Eiffel
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Ville, Transports et Territoires
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : LATTS - Laboratoire Techniques, Territoires, Sociétés

Résumé

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En explorant le lien entre la drogue et l'aménagement du territoire, cette thèse réunit des questions importantes en sciences politiques et en études urbaines. Elle se concentre sur la territorialité, la gouvernance et la planification de la ville contemporaine en démêlant et en problématisant le « drugs-planning nexus ». En mobilisant la ville de Paris comme étude de cas, cette recherche explore la manière dont comment l'espace public est géré dans un contexte de consommation de substances psycho-actives en plein air. En particulier, comment les services de la ville (propreté, espaces verts, etc.) aménagent, gèrent et entretiennent les voies, parcs, jardins et squares publics qui sont également utilisés comme lieux de consommation. Cette thèse établit la relation entre la drogue et l'urbanisme en mettant en lumière le rôle des agents municipaux chargés de la propreté, des espaces verts et de la voirie, qui sont en première ligne face à l'usage de drogues en espace public. Depuis le début des années 2000, les usagers de drogues, bien que concentrés dans le nord-est de Paris, sont régulièrement déplacés à la suite d'expulsions et d'interventions policières. Compte tenu du cadre légal français interdisant à la fois la vente et la consommation de substances illicites, l'usage de drogues reste fortement stigmatisé et politisé. Par conséquent, lorsque les agents travaillant dans l'espace public sont confrontés à des pratiques contestées, ils entrent dans un réseau complexe et fragmenté. Des nouveaux protocoles sont créés et les différents services coopèrent avec de nouveaux acteurs extérieurs au domaine de l'entretien de l'espace public (entreprises privées, police, professionnels de la santé, chercheurs ou travailleurs de la réduction des risques). Dès lors, la gestion de l'espace public devient un acte qui s'inscrit dans le cadre de la politique de la drogue, se heurte à des conflits et finit par modifier les opérations quotidiennes des services de la Ville.