La parole est à l’algorithme : enquête sur les développements et usages des IA juridiques
| Auteur / Autrice : | Héloïse Eloi-Hammer |
| Direction : | Dominique Cardon, Laurence Dumoulin |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sociologie |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2021 Soutenance le 01/06/2026 |
| Etablissement(s) : | Paris, Institut d'études politiques |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École de la recherche de Sciences Po (Paris ; 1995-....) |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Cette thèse interroge les impacts possibles du développement d’IA juridiques. Pour cela, elle propose une analyse croisée de la conception et de l’utilisation de ces dispositifs. Le manuscrit propose à la lectrice ou au lecteur de suivre une enquête par entretiens et observations qui part des open-space des start-ups de la legaltech pour se terminer dans les cabinets d’avocats, en passant par les écoles d’avocats où les outils sont expérimentés. La thèse se concentre sur deux entreprises : l’une propose un outil de recherche juridique et l’autre un dispositif de jurimétrie (permettant d’anticiper le résultat d’une affaire en fonction de ses caractéristiques). Du côté des usages, l’enquête se focalise sur les membres du barreau, population qui utilise beaucoup les outils algorithmiques mais a été très peu étudiée. La thèse montre que les IA juridiques peuvent incorporer des approches très différentes du droit, en raison de la diversité des services qu’elles proposent mais également du fait de processus de production très divers (y compris pour des outils similaires) ; elles ont néanmoins en commun une approche davantage basée sur les caractéristiques du cas que sur les principes juridiques. Par ailleurs, l’enquête permet d’établir que les membres du barreau qui se saisissent des dispositifs algorithmiques les utilisent à tous les stades du traitement d’un dossier. Cette évolution va de pair avec le développement d’une nouvelle expertise par les utilisateurs et utilisatrices : il ne s’agit pas d’une automatisation des tâches, ni d’une reprise pure et simple des résultats proposés par l’outil, mais bien d’une appropriation critique, qu’il s’agira d’étudier.